Pour Jean-Marc Ayrault la page Batho est "tournée". C'est le commentaire lâché ce jeudi soir par l’entourage du Premier ministre à l'AFP, quelques heures après la conférence de presse de Delphine Batho, débarquée mardi du ministère de l'Ecologie. Une conférence au cours de laquelle l'ex ministre a tenu des propos que Matignon souhaitait visiblement démentir.

"Son éviction est uniquement liée à ses déclarations sur son budget qu'elle a jugé mauvais. Si on estime qu'on a un mauvais budget, on quitte le gouvernement", a martelé l’entourage du Premier ministre, rejetant l'influence de lobbies pro nucléaire ou du gaz de schiste évoquée par l'ancienne ministre.

"Le budget de l'Ecologie n'est pas remonté à Matignon"

"Certaines puissances économiques n'acceptaient pas le niveau d'ambition que je fixais pour la transition énergétique", avait-elle déclaré plus tôt dans un bureau de l'Assemblée nationale bondé. "Ces forces ne se sont pas cachées de vouloir ma tête", avait-elle poursuivi.

Autre critique adressée à Jean-Marc Ayrault par Delphine Batho, sa méthode. Selon elle, "quelque chose a changé (...) mes demandes budgétaires sont remontées à l'arbitrage du Premier ministre qui procède aux arbitrages sans discussion directe avec les ministres concernés", affirmait-elle en milieu d'après-midi.

Là encore, l'entourage du Premier ministre contre-attaque : "Il n'y a jamais eu de réunion avec tous les ministres pour discuter de chaque budget". "La méthode c'est: les ministres rencontrent leur homologue du budget . S'ils ne parviennent pas à se mettre d'accord, l'arbitrage se fait à Matignon. Le budget de l'Ecologie n'est pas remonté à Matignon contrairement à celui de l'éducation, du travail ou de l'outremer", affirme-t-on à Matignon.