Il était entre 7 h 15 et 7 h 30 ce dimanche matin quand la tentative d'assassinat a eu lieu. Deux surveillantes de prison ont été blessées, dont une très grièvement, après avoir été délibérément renversées dimanche matin par une berline sur le parking du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne), a annoncé la procureure de Meaux, confirmant une information du Parisien.

"Un véhicule qui les attendait visiblement est venu percuter par derrière les deux surveillantes : la première, âgée d'une trentaine d'années, a été bousculée et légèrement blessée, mais la seconde a été traînée sur plusieurs mètres et son pronostic vital est engagé", a indiqué la magistrate, Dominique Laurens.

Une caméra qui ne fonctionne pas

Cette surveillante, âgée de 56 ans, "a été héliportée vers l'hôpital Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) dans un état grave, mais elle n'avait pas perdu connaissance", selon le secrétaire général adjoint de l'UFAP, l'Union fédérale autonome pénitentiaire, Claude Tournel.

Joint par metronews, David Deruelle, porte-parole du syndicat pénitentiaire FO de Meaux Chauconin, a regretté que la caméra qui donne sur le parking ne fonctionne pas. "Elle n'a jamais marché, nous le répétons depuis des années, commente-t-il. Il faut atteindre un drame comme celui-là pour espérer qu'elle soit remplacée…"

Mobile inconnu

Le mobile du conducteur en fuite, quant à lui, était toujours inconnu en milieu d'après-midi. "A ma connaissance, il n'y avait pas de conflit particulier entre ces deux surveillantes et les prisonniers, poursuit David Deruelle. Par les temps qui courent, on peut tout imaginer, du règlement de compte au déséquilibré en passant par une action terroriste…"

Une enquête pour tentative d'assassinat a été ouverte et confiée au service régional de police judiciaire de Versailles. "Avec les caméras, les policiers auraient tout de suite eu un signalement pour le véhicule, une immatriculation et le nombre de personnes à bord", déplore le syndicaliste.

La surveillante âgée d'une trentaine d'années a été entendue par les enquêteurs. Sa collègue, elle, est entre la vie et la mort.

Dans un communiqué publié dimanche dans l'après-midi, la garde des Sceaux Christiane Taubira a exprimé "sa vive émotion après la grave agression dont ont été victimes deux surveillantes pénitentiaires aux abords du Centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers tôt ce matin". La ministre de la Justice a assuré "tout son soutien et toute sa sympathie les victimes ainsi que leur famille. A sa demande, l’administration pénitentiaire a mis en place une cellule de soutien psychologique". La garde des Sceaux précise que "ses pensées vont également à l’ensemble des agents et des personnels du centre pénitentiaire ébranlés par cet acte odieux".