Une enquête au point mort. Après quatre jours de traque, un avis de recherche national et quatre auditions, les enquêteurs ignorent toujours qui est l'auteur du mystérieux message Internet menaçant d'un carnage dans un lycée de Strasbourg vendredi dernier. Devant l'absence de pistes, ces derniers doutent aujourd'hui sérieusement de la réalité de la menace proférée, penchant pour l'hypothèse d'un canular. Dans cette perspective, le parquet de Strasbourg a ouvert ce mardi une information judiciaire contre X pour "communication ou divulgation de fausse information dans le but de faire croire que des homicides vont être commis", a annoncé le procureur Michel Senthille dans un communiqué. Un acte passible de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, a rappelé le magistrat.

"Plus on s'éloigne du vendredi fatidique, plus on peut s'interroger sur le sérieux et la réalité de la menace", a, pour sa part, commenté sur France Info, ce mardi, le préfet d'Alsace Stéphane Bouillon. Ce dernier a rappelé que la surveillance renforcée des 59 lycées du Bas-Rhin restait effective. Un vaste dispositif, comprenant plus de 500 fonctionnaires, qui devrait être reconduit mercredi. Des renforts devaient également être dépêchés en Alsace. "Pour l'instant le dispositif est en place et je dispose des moyens pour le maintenir pendant les jours nécessaires", a précisé le préfet.

Plusieurs interpellations sans suite

La dernière piste infructueuse explorée par les enquêteurs était celle d'un jeune homme de 18 ans, qui présentait une "forte ressemblance" avec la photo du mystérieux suspect. Ce dernier a été interpellé, dimanche après-midi, en Haute-Saône et a passé la nuit en garde à vue. Il a finalement été remis en liberté lundi. "Rien ne permet d'incriminer ce jeune, ni de près ni de loin", avait déclaré le vice-procureur de Strasbourg, Lydia Pflug. Samedi déjà, deux frères - interpellés à Autun en Saône-et-Loire - ainsi que la petite amie de l'un d'entre eux étaient sortis libres d'une courte audition par les policiers. Les enquêteurs "continuent à explorer d'autres pistes", avait assuré lundi le vice-procureur.


L'enquête pourrait mettre du temps à aboutir, avait admis, lundi, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. "Une enquête très vaste a été menée sous l'autorité du parquet de Strasbourg. Tout est fait pour retrouver celui ou ceux qui seraient l'auteur ou les auteurs de ces menaces", avait dit le ministre en marge d'un déplacement à Villiers-sur-Marne. "Ces menaces, il faut les prendre au sérieux. Je pense qu'il nous faudra encore du temps pour appréhender les auteurs de ces menaces (...) ou de ce canular", avait-il ajouté.