L'adolescent de 17 ans, suspecté d'être l'auteur de menaces de tuerie dans un lycée de Strasbourg, est passé aux aveux. Il a été mis en examen ce jeudi et placé sous contrôle judiciaire. Lors de sa garde à vue, il a assuré qu'il n'avait voulu faire de mal à personne. C'était, selon lui, un "fake". Un canular qui a mobilisé pas moins de 750 policiers devant l'ensemble des 59 lycées du Bas-Rhin.

Alors qui se cache réellement derrière "HommeMort" ? C'est sous ce pseudo que l'étudiant en langues et civilisations arabes à l'Université de Strasbourg avait posté le 14 mai sur un forum de jeux vidéo son intention de commettre "un bain de sang". Dans un "certain lycée" pour laisser, disait-il, sa "trace dans l'histoire". Il avait même précisé vouloir se servir d'un fusil semi-automatique "emprunté" à un oncle. Un profil noir qui contraste avec la description faite par ses proches : "un garçon gentil", "un peu timide", "serviable". En somme, "un ado relativement banal".

Jeux vidéo et religion

Fan de jeux vidéo, l'adolescent à l'allure frêle préfère "les jeux stratégiques ou tactiques" à ceux où il faut tirer dans le tas, explique un de ses amis sur RTL. Elève brillant, il a passé son baccalauréat l'année dernière avec un an d’avance. Il habite chez ses parents dans un petit appartement de Strasbourg. Mais derrière ce portrait lisse, l'une de ses camarades évoque un "certain mal être". Le jeune homme semblait surtout se chercher au niveau religieux. Athée, il s'était converti au christianisme avant de passer à l'islam en terminale. Toutefois, "c'est une chose qui lui est tout à fait personnelle, et dont il est démontré qu'elle n'a strictement aucun rapport avec cette affaire", a précisé le procureur de Strasbourg Michel Senthille. Dans son message laissé sur Internet, le jeune homme ne fait d'ailleurs aucune référence à la religion.

Il se décrivait néanmoins comme "asocial", "sans amis", et disait se trouver "insignifiant". Mais ce discours relève d'une "construction", a souligné le procureur. "Il n'est pas désocialisé, il n'est pas seul et abandonné. C'est une description à l'inverse de ce qu'il est". Poursuivi pour "communication ou divulgation de fausse information dans le but de faire croire que des homicides vont être commis", il encourt deux ans de prison. Une peine qui pourrait être réduite de moitié si la justice reconnaît au jeune homme l'"excuse de minorité".