"Nous avons menti aux autorités." Jeudi en fin de journée, à la surprise de tous, le père de Leonarda est passé aux aveux : non, sa famille n'est pas originaire du Kosovo, pays où les autorités françaises les ont renvoyées. "Toute la famille, ma femme et mes enfants, sont nés en Italie. Ils n'ont rien à voir avec le Kosovo", a-t-il ainsi expliqué, comme le rapporte Lefigaro.fr. Selon BFM-TV, Reshat Dibrani a par ailleurs reconnu avoir acheté un faux certificat de mariage à Paris pour 50 euros en 2011.

Reste à connaître les raisons de ce mensonge - et là encore, le quadragénaire, à la personnalité trouble - reste flou. "Nous avons demandé l'asile en France et nous ne pouvions pas montrer nos papiers italiens. Nous avons dit que nous avions fui le Kosovo". Reshat Dibrani précise par ailleurs qu'il serait bien né au Kosovo mais assure l'avoir quitté en 1973 ou 1974 et être prêt éventuellement à y rester, mais pas ses enfants.

Deux scénarios possibles

Ces derniers, justement, vivraient très mal leur retour – ou arrivée ? - au Kosovo. "Les enfants ont peur parce qu'ils ne connaissent pas la langue, ici. Ils pleurent nuit et jour. Ils disent, 'Papa, qu'est-ce que tu nous as fait ?' Je leur dit que ce n'est pas ma faute mais celle de la France", déclare-t-il. Avant de préciser : "Notre intention est de revenir en France".

Mais concrètement, Leonarda peut elle réellement être Italienne, comme le prétend son père ? Et cette révélation peut-elle changer quoi que ce soit à son expulsion ?

Si Leonarda est née en Italie, comme l'assure son père, cela n'implique pas forcément qu'elle soit Italienne. Le pays ne délivre en effet pas automatiquement la nationalité italienne, même si la personne naît sur son sol. Du coup : 

  • Si Leonarda a bien la nationalité italienne, cela change tout : elle est de facto considérée comme une citoyenne européenne et non plus comme une étrangère dite "de droit commun". Et comme ce n'était pas elle qui faisait l'objet d'une procédure d'expulsion, mais son père (c'est pour le regroupement familial qu'elle a rejoint le Kosovo), elle pourrait donc rentrer en France.
     
  • Si elle est née en Italie mais qu'elle n'a pas la nationalité italienne, ce qui reste fort probable, alors cela ne change rien à la procédure d'expulsion. C'est la nationalité qui compte.