L'avocate générale avait requis une peine de 30 ans, les jurés ont été plus loin vendredi en condamnant Matthieu à la réclusion criminelle à perpétuité. Ce jeune homme aujourd'hui âgé de 19 ans avait violé et assassiné en 2008 Agnès Marin, 13 ans, un an après avoir violé une autre fille. Autant de crimes pour lesquels la cour d'assises des mineurs de Haute-Loire a décidé de l'envoyer en prison pour le restant de ses jours.

Balayant l'excuse de minorité qui limite la peine encourue à vingt ans, l'avocate générale, Jeanne-Marie Vermeulin, avait souligné lors de son réquisitoire la personnalité "ultradangereuse" de Matthieu et s'était montrée pessimiste sur ses chances "d'amélioration". La magistrate avait souhaité que "la poursuite de son existence ne soit pas source de nouveaux drames et de tragédies et ne signifie pas la destruction de telle ou telle qui croiserait son chemin", en rappelant "des risques majeurs de récidive" et de "naufrage complet dans la maladie mentale".

Comme Patrick Dils

La personnalité de l'accusé a d'ailleurs été au centre des débats durant un procès qui s'est ouvert le 18 juin alors qu'un psychiatre montpelliérain l'avait jugé non dangereux après le viol en 2010 d'une amie âgée de 16 ans au moment des faits. Cette expertise avait permis au jeune homme de retrouver la liberté après quatre mois de détention provisoire et de devenir interne au collège-lycée Cévenol au Chambon-sur-Lignon, où il avait rencontré sa future victime.

Ce procès fera date puisque Matthieu devient le premier mineur au moment des faits condamné à perpétuité depuis Patrick Dils, le 27 janvier 1989 pour le meurtre de deux enfants commis en septembre 1986. Rejugé après la révision de sa condamnation, il avait finalement été acquitté lors de son troisième procès, en avril 2002. Un sort que ne connaîtra a priori pas Matthieu.