Près de deux ans après les faits, le crime du jeune Alexandre Junca est en passe d'être élucidé. Après plusieurs heures d'auditions face au juge dimanche, le principal suspect de cette sordide affaire, Mickaël Baehrel, a craqué. Oui, c'est bien lui qui, dans la nuit du 4 au 5 juin 2011, a frappé Alexandre, 13 ans, qui circulait alors à vélo dans le centre-ville de Pau. Oui, c'est lui qui l'a massacré, en visant directement la tête, à l'aide d'un marteau. Oui, enfin, il était bien présent au moment où le corps démembré de l'adolescent a été jeté après dans le Gave du Pau. Des révélations qui ont mené tout droit à sa mise en examen pour assassinat, le jeune homme devenant ainsi la quatrième personne a être inculpée dans cette affaire.

Condamné à dix reprises

Pour autant, de nombreuses zones d'ombre demeurent. Pourquoi Mickaël Baehrel s'en est-il pris aussi sauvagement à un jeune inconnu ? "Parce qu'il avait la rage, qu'il était énervé, alcoolisé", a rapporté dimanche le procureur de Pau. Il faut dire que le jeune homme de 27 ans, décrit comme un marginal, a la réputation d'être violent. Par le passé, il a déjà été condamné à dix reprises. Et moins d'un mois après s'en être pris à Alexandre, il a attaqué un sans-abri à l'aide d'un marteau. Une agression qui lui a valu d'être incarcéré à la maison d'Arrêt de Neuvic (Dordogne) jusqu'à mercredi dernier, jour où les enquêteurs l'ont extrait de sa cellule pour l'entendre sur la mort d'Alexandre.

Reste aussi à éclaircir le rôle des trois autres suspects. Dimanche, le procureur de Pau a particulièrement insisté sur la personnalité de Jean-Claude Ducos, un chasseur de 74 ans qui entretenait des relations homosexuelles avec Mickaël Baehrel. Selon plusieurs sources, ce retraité, qui aurait participé au démembrement du corps, occuperait la place de mentor au sein du groupe. L'enquête devra également déterminer l'implication exacte de Mike, 25 ans, et Fatima, 47 ans. Cette toxicomane mère de trois enfants était la compagne "officielle" de Mickaël Baehrel au moment des faits. Face au juge, elle s'est murée dans le silence.