Une bonne dose de chance, et les progrès de la science : c’est ce qu’il a fallu aux enquêteurs de la section de recherche de Grenoble pour mettre la main sur le meurtrier présumé des deux fillettes, Sarah Syad (6 ans) et Saïda Berch (10 ans), assassinées à Voreppe en 1991 et 1996. "C’est grâce aux extraordinaires avancées de la science ainsi qu’au travail acharné des enquêteurs et des juges d’instruction qui se sont succédé que l’auteur de ces deux meurtres horribles a été identifié", a annoncé le procureur de la république de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi après-midi au Palais de Justice de Grenoble.

Pour cela, il aura en effet fallu la détermination des enquêteurs et d’une juge d’instruction, Catherine Léger, qui relance l’affaire début 2013 en envoyant des scellés subir de nouvelles analyses au laboratoire de biologie moléculaire de Bordeaux. Parmi eux, figurent une tâche de sperme retrouvée sur le chemisier de Sarah, un paquet de mouchoirs et des traces d’ADN provenant du sweat-shirt de Saïda. Et là, surprise : les expertises révèlent que ces traces correspondent à l’ADN d’un homme, arrêté et fiché pour conduite sous l’usage de stupéfiants en 2005. "Nous avons vu qu’il s’agissait du même homme, cela ne pouvait pas être un hasard", a rapporté le procureur.

"Des accidents"

Agé de 15 ans au moment des faits, Georges, un homme de 37 ans, est finalement passé aux aveux lors de son audition auprès des enquêteurs. Habitant à Voreppe depuis toujours, il était proche des frères des deux victimes. S’il avait été entendu par les enquêteurs lors des premières enquêtes de terrain, il ne faisait pas partie des 960 personnes dont on avait prélevé l’empreinte ADN.

Alors que la petite Sarah est retrouvée morte en avril 1991 dans un taillis dans un parc, en face de la cité de Bourg-Vieux, Georges avoue finalement avoir croisé la fillette cet après-midi-là. "Il l’a rencontrée dans les bois et a été pris d’un coup de folie. Il a jeté l’enfant par terre et affirme qu’il ne sait plus ce qu’il a fait ensuite", a rapporté Jean-Yves Coquillat.

Il fera l'objet d'une évaluation psychiatrique

Cinq ans plus tard, c’est à vélo qu’il recroise la route de Saïda, près du gymnase de l’Arcade. Alors que la petite fille lui demande d’essayer sa bicyclette, il finit par s’énerver en la voyant courir derrière lui et la frappe à la tête. Voyant qu’elle est inconsciente, il l’étrangle et la dépose à côté du canal. "Pour lui, c’était un accident, il a dit qu’il ne voulait pas sa mort", ajoute Jean-Yves Coquillat.

Le meurtrier présumé a donc été mis en examen pour deux chefs d’accusation : tentative de viol sur mineur de moins de 15 ans et assassinat et meurtre sur mineur de moins de 15 ans. "Les dossiers ont été scindés en deux car le suspect était mineur à l’époque des faits. Il sera donc jugé devant le Tribunal des Enfants dans le premier cas et devant la cour d’Assises pour le second. Il devra également faire l’objet d’une évaluation psychiatrique", affirme Jean-Yves Coquillat.