Cinq cents places supplémentaires en centres d'accueil vont être mises à disposition "dans les jours qui viennent" pour recevoir des migrants de la "jungle" de Calais, ont annoncé vendredi les ministres du Logement et de l'Intérieur. "Notre objectif est de mettre à l'abri les migrants de Calais de manière durable. C'est pour cette raison que depuis octobre, il a été ouvert des centres d'accueil et d'orientation qui ont pris en charge 2.800 personnes", a déclaré la ministre du Logement Emmanuelle Cosse à l'issue de la réunion de lancement du comité de suivi du plan de mise à l'abri des migrants de Calais. 

"Il y a 500 places disponibles immédiatement et 500 autres qui vont l'être dans les jours qui viennent pour offrir à ces personnes des accueils partout en France", a-t-elle ajouté. Au lendemain de la validation par le tribunal administratif de Lille de l'arrêté d'expulsion des migrants établis dans la zone sud de la "jungle", le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a réaffirmé qu'"il n'y a pas d'idéal humanitaire de la boue et de la précarité": "Nous souhaitons que ces réfugiés puissent être accueillis dignement".

Les Britanniques "doivent prendre leur part"

"Est-ce que nous avons suffisamment de places ? La réponse est oui, a-t-il assuré. Nous avons accueilli 2.800 migrants en provenance de Calais et Grande-Synthe. Nous avons des places supplémentaires, nous en aurons suffisamment pour mettre tout le monde à l'abri, et notamment les mineurs isolés". Le ministre a insisté sur le fait que les Britanniques "doivent prendre leur part" dans l'accueil des mineurs isolés ayant des parents en Grande-Bretagne.

"J'ai évoqué le sujet avec ma collègue (britannique) Theresa May et je suis très déterminé à faire en sorte que cela se fasse conformément à ce que sont les usages et les principes", a-t-il déclaré. Le comité de suivi à Beauvau réunissait pour la première fois des représentants du gouvernement et de l'administration (ministères du Logement et de l'Intérieur, direction générale des étrangers en France, Office français de l'immigration, Office de protection des réfugiés et apatrides...) et d'organisations et associations humanitaires (HCR, Croix-Rouge, Médecins sans frontières, France Terre d'asile, Unicef, Médecins du monde, ATD Quart-monde...).

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