Le "désastre" européen évoqué la semaine dernière par le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, devient-il une réalité ? Des milliers de migrants sont bloqués en Grèce à la frontière avec la Macédoine, où des incidents ont éclaté lundi avec la police. Le scénario du pire pour les candidats à l'asile en Europe, qui voient les portes d'entrée se refermer inexorablement.

En cause : les pays de la "voie des Balkans", chapotée par l’Autriche. Vendredi, cette poignée d’Etats - Slovénie, Croatie, Serbie et Macédoine - a instauré de nouveaux quotas dans la région, piégeant en Grèce un nombre croissant de migrants. Au total, le nombre quotidien d'hommes, de femmes et d'enfants autorisés à y transiter vers l'Europe du nord est limité à 580 personnes. Voisine de la Slovénie et première à imposer des quotas il y a deux semaines, l'Autriche voit ainsi baisser l'affluence à ses frontières, alors que son gouvernement mène la dissidence des pays membres de l'UE partisans d'une réduction drastique et immédiate du flux de migrants.

A LIRE AUSSI >> Migrants : le drame absolu des enfants

Un accueil des réfugiés dans des ferries ?

Une dissidence qui a le don d’agacer la Grèce, en première ligne de la crise migratoire. Preuve de la tension entre les deux pays, Athènes a rappelé son ambassadrice à Vienne et a refusé de recevoir la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, qui souhaitait venir "expliquer la position autrichienne en détail et directement" à ses homologues grecs.

La Grèce se débat désormais pour trouver des solutions d'hébergements d'urgence, envisageant même un accueil à bord de ferries amarrés dans les ports des îles. Selon le maire d'Idomeni, village-frontière côté grec, près de 7.000 migrants et réfugiés, dont de nombreuses familles et enfants, se trouvaient mercredi dans les deux camps d'accueil, tandis que 3.000 campaient dans les champs. Au total, le nombre de demandeurs d'asile arrivés par la Méditerranée a atteint près de 120.000 depuis janvier, selon les derniers chiffres de l'ONU.

La "voie des Balkans" n’est pas la seule à se voir semée d’embûches. D’autres pays européens avaient en effet "donné l’exemple" ces dernières semaines en restreignant leur accès aux migrants. L’Allemagne, après avoir accueilli 1,1 million de candidats à l’asile en 2015, a voté la semaine dernière une limitation du rapprochement familial. Au Danemark, une loi controversée permettant à la police de saisir les biens de valeur des migrant pour financer leur séjour est entrée en vigueur le 5 février. La Suède, elle, a annoncé fin janvier que près d'un demandeur d'asile sur deux serait débouté et expulsé, soient 80.000 personnes. Les frontières n’ont jamais été aussi fermées pour les candidats à l'asile en Europe.

A LIRE AUSSI >> Fermeture de la frontière franco-belge : une décision "étrange" selon Cazeneuve