Le nouvel assassinat perpétré à Marseille relance le débat sur l'action des pouvoirs publics dans la cité phocéenne, où il s'agit du cinquième règlement de comptes depuis le début de l'année. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a tenté ce vendredi de prévenir toute polémique en expliquant avoir "besoin de temps" pour éradiquer les réseaux de trafic de drogue.

"Il y a sans aucun doute parfois un sentiment d'impuissance et de fatalisme face à ces assassinats (…) il ne peut pas y avoir de découragement face à cette violence", a indiqué le locataire de la place Beauvau lors d'un point presse vendredi. "Cela veut bien dire que le travail engagé depuis plusieurs mois sur Marseille doit se poursuivre avec encore plus de détermination contre ces bandes, ces gangs, ce néo-banditisme des cités, ces individus qui n'hésitent pas à tuer, à assassiner", a poursuivi le ministre.

"Reconquérir les quartiers perdus"

"Ce ne sont pas les nouveaux moulinets verbaux de Manuel Valls, qui rappellent mot pour mot les discours musclés de Nicolas Sarkozy dix ans durant, qui régleront ce lourd problème", a réagi la présidente du Front national, Marine Le Pen, dans un communiqué. Avant de mettre en cause la "culture du laxisme" qui est en cause selon elle. "Face aux violences, la tolérance zéro doit être la seule réponse admissible : la République doit reconquérir tous les quartiers perdus depuis des années".

Plus mesuré, le Modem juge si que le renforcement des effectifs de police mis en place "va dans le sens de ce que nous attendons (...), cette réponse est loin d'être suffisante". Appelant à une "politique volontariste en matière sociale ", Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du parti centriste, estime qu' "il est indispensable qu'il y ait réinstallation des services publics et un soutien aux commerces, associations et lieux de vie au coeur des cités".