Enième polémique entre gauche et droite autour des émoluments d'élus. Toutes proportions gardées, tandis qu'à l'UMP, certains portent le fer sur la question du coût du séjour du président de la République, François Hollande, en vacances avec sa compagne au fort de Brégançon, à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, l'opposition municipale de gauche s'indigne du triplement des indemnités municipales de Brigitte Barèges, la députée sortante et maire de la ville.
Une seconde augmentation à quelques jours d'intervalle ?
Jeudi soir, le 2 août, le conseil municipal a en effet voté l'augmentation des indemnités mensuelles de Mme Barèges de 1.400 à quelque 3.700 euros nets, soit pas loin de trois fois plus, mais, souligne-t-on dans son camp, pour un montant conforme à ce qui se pratique dans les villes de quelque 60.000 habitants.
Outrée, la gauche locale l'accuse en plus d'avoir obtenu quelques jours auparavant une hausse significative de son traitement en tant que présidente de la communauté d'agglomération. En clair, avec ces 3.000 euros supplémentaires, elle compenserait peu ou prou la perte de ses indemnités parlementaires, puisqu'elle a été battue le 17 juin.
A Montauban, l'UMP assume, la gauche parle d'indécence...
Dans l'entourage de Mme Barrèges, non seulement on ne nie pas ce fait, mais on le met en avant en guise d'explication. C'est qu'en application de la loi qui plafonne les revenus en cas de cumul de mandats, tant qu'elle siégeait au Palais Bourbon, ses émoluments locaux étaient écrêtés. Du point de vue de la maire et de sa majorité, il s'agirait donc d'une simple régularisation.
Bien sûr, le leader de l'opposition socialiste à Montauban voit les choses différemment. "Je trouve très indécent que Mme Barèges se multiplie (...) ses indemnités de maire alors que les gens sont en situation de souffrance", a dénoncé Claude Mouchard.
Son allier du PRG, la conseillère municipale Dominique Salomon modère le propos, elle ne trouve pas "anormale" une certaine augmentation de Mme Barèges, mais "dans des proportions raisonnables". "De là à revenir au niveau de ses indemnités de députée, je trouve ça vraiment indécent", a-t-elle aussi affirmé, d'autant qu'elle estime que l'on a voulu faire passer cette mesure en catimini, "au coeur de l'été".
Une juste rétribution, qui plus est raisonnable et sans surcoût ?
Du côté de la défense, si l'on peut dire, autour de Mme Barèges, maire depuis 2001, et députée de 2002 à juin dernier, on argue qu'au terme de la loi, en appliquant strictement l'échelle indiciaire de la fonction publique, elle pourrait prétendre à bien plus que ce qui vient de lui être attribué, ou du moins, que ce qu'elle encaissait jusque-là.
"1.400 euros pour une commune de plus de 50.000 habitants, quand on sait la charge que ça représente, qui interdit toute autre activité professionnelle, c'était évidemment peu", a déclaré la première intéressée, soulignant qu'il serait beaucoup plus lucratif pour elle d'exercer son métier d'avocate. Quant à savoir si 3.700 euros est la juste compensation, elle n'en a rien dit...
En tout état de cause, "pas un seul euro supplémentaire n'est demandé aux Montalbanais" ajoute-t-on autour d'elle, au contraire de ses adjoints, qui ont accepté une baisse de leurs propres indemnités.
















