La France n'arrivera pas à atteindre l'objectif d'un déficit public à 3% du PIB. Qu'à cela ne tienne, Arnaud Montebourg a une idée pour contribuer à l'assainissement des finances hexagonales : céder des participations de l'État dans des entreprises dont il est actionnaire. C'est en tout cas la piste évoquée vendredi par le ministre du Redressement productif dans un entretien au Wall Street Journal : "Dans le cadre de la restructuration budgétaire et la modernisation des politiques publiques, nous réfléchissons en effet à un changement de nos participations. Nous n'excluons pas ce genre d'action, mais nous ne voulons pas perdre notre influence sur les entreprises".

EDF tiendrait la corde

Si Arnaud Montebourg n'a pas cité de noms d'entreprises en particulier, celles dans lesquelles l'État a une importante participation, EDF (84,4%) ou Areva (87%), viennent évidemment à l'esprit. Sans oublier France Télécom (27%), Air France-KLM (15,9%), GDF Suez (36%), Thales (27,1%), EADS (15%) ou encore Renault (15%). Cité sous couvert d'anonymat par le quotidien américain, un responsable français a indiqué que vendre une partie de la participation de l'État dans EDF serait "le choix évident", cette dernière étant évaluée à 24,2 milliards d'euros au cours boursier de vendredi. La semaine dernière, le gouvernement avait annoncé s'être délesté de 3,12% du capital de l'équipementier aéronautique Safran contre 448,5 millions d'euros.

Reste que les propos d'Arnaud Montebourg semblent relever d'une initiative personnelle à en croire les déclarations recueillies dans son entourage par l'AFP : "Aucune cession, ni a fortiori évidemment privatisation d'entreprise stratégique de l'État, n'est aujourd'hui à l'ordre du jour. Arnaud Montebourg n'a fait que réitérer une doctrine constante de l'État actionnaire selon laquelle l'État ne s'interdit pas de céder les participations qu'il détient au-delà des seuils fixés par la loi dans certaines entreprises". Du côté du ministère de l'Economie, même son de cloche : "Il n'y a aucune cession programmée à l'heure actuelle. Et en tout état de cause, ces opérations ne visent pas à combler les déficits".