Que la cérémonie ne soit pas gâchée. Tel est le mot d’ordre lancé aux autorités pour qu’elles protègent le premier mariage gay qui a lieu mercredi à Montpellier. Vincent et Bruno, vont devenir les premiers mariés homosexuels de France après la promulgation d'une loi qui a déchaîné les passions et divisé la société. Les opposants au mariage gay ont en effet su prouver qu’ils pouvaient troubler facilement l’ordre public. Pour ce mariage aussi symbolique que médiatique, les services de police ne laisseront aucune place aux débordements.

Alors que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls craint des "perturbations", la préfecture de l’Hérault assure à Metronews avoir "renforcé son dispositif de sécurité". "Avec la présence d'un ministre et des journalistes, les effectifs seront évidemment adaptés à la situation", précise-t-elle. La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, doit en effet y assister. La ministre de la Famille Dominique Bertinotti, a, elle, annoncé mardi qu'elle n'y assisterait pas. "J'estime moi, en tant que ministre, ne pas avoir à rentrer dans l'ordre de l'intime", a-t-elle justifié au micro de RTL. Au total 300 invités et 140 journalistes accrédités assisteront au mariage.

"Toutes les entrées de la mairie seront filtrées"

À Montpellier, Vincent Autin, 40 ans, et Bruno Boileau, 30 ans, sont impatients de pouvoir se marier dans cette ville devenue un véritable symbole pour les homosexuels. "Notre mariage est très médiatique. Ça peut être intimidant", a souligné Bruno Boileau à l’AFP. Et pour pouvoir accueillir tous les invités présents, la mairie de Montpellier a dû changer ses habitudes. " Ce mariage sera célébré dans la grande salle des rencontres de l'hôtel de ville et non plus dans la salle des mariages", a précisé le service du protocole de la mairie à Metronews. "Exceptionnellement, toutes les entrées de la mairie seront filtrées", ajoute la mairie.

Vincent, président du Lesbian and Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon, et Bruno, souhaitaient que cette union soit une grande fête avec retransmission sur le parvis de l'Hôtel de Ville et vin d'honneur citoyen. Mais la mairie admet avoir dû calmer les envies du couple, toujours pour garantir la sécurité. "Nous avons reçu une note de la préfecture nous demandant d’annuler tout événement sur le parvis de l’Hôtel de ville. Les autorités savent qu’il peut y avoir des tensions avec des personnes opposées au mariage gay", a-t-elle précisé. Les époux ont donc décidé de se rabattre dans un lieu tenu secret. Ils seront tout de même une "petite centaine" sur 140 initialement invités à célébrer ce premier engagement promis par François Hollande.