Quelles mesures de moralisation de la vie publique François Hollande prendra-t-il ? En matière de transparence, un œil sur les exemples étrangers pourrait l'aider dans ses décisions. Le chef de l'Etat a déjà annoncé "le contrôle et la publication" du patrimoine des ministres et parlementaires. Ce sera donc la fin d'une quasi exception française : avec la Grèce ou la Belgique, l'Hexagone est l'un des rares pays, parmi ceux qui contrôlent leurs élus, à ne pas faire de publicité des déclarations de ses responsables politiques.

Enquête fouillée aux Etats-Unis

En Allemagne ainsi, les élus du Bundestag mettent en ligne sur le site internet du Parlement la déclaration de leurs intérêts financiers et de leurs revenus secondaires si ceux-ci excèdent 10 000 euros par an, ainsi que les dons d'argent et cadeaux si leur montant est supérieur à 5 000 euros par an. Mais c'est la Norvège qui est allée la plus loin en matière de transparence : ce sont tous les contribuables du pays, à l'exception des membres de la famille royale, qui voient leur feuille d'imposition publiée sur Internet.

L'Afrique du Sud a de son côté mis en place un "Public Protector", nommé par le président de la République. Tout citoyen peut la saisir en cas de doute sur la déclaration d'un élu, celui-ci s'exposant à une retenue sur salaire en cas de fraude. Mais c'est l'exemple des Etats-Unis qui a été le plus cité ces derniers jours. Là-bas, le "vetting process" (procédure de vérification) oblige tout postulant à une haute fonction à se soumettre à une enquête préalable très fouillée. C'est ce système qui a empêché en 2009 la nomination de Tom Daschle, un proche de Barack Obama, au poste de ministre de la santé. Il s'était fait épinglé pour... fraude fiscale.