Pour le PS, Marseille a des airs d’île de la tentation. Véritable bastion de l’UMP, la ville est détenue par la droite depuis dix-huit ans et l’avènement de Jean-Claude Gaudin. Une victoire ici serait synonyme de prise de guerre pour les socialistes. A la lumière des élections législatives de 2012 où le PS avait réalisé 50,87 % des suffrages au second tour, la gauche se dit que le coup est possible, en mars prochain, pour les municipales.

Pour transformer l’essai, elle mise ce dimanche sur la tenue de sa primaire. Objectif : attirer l’attention sur ses 6 candidats jusqu’au résultat final du 20 octobre. Ce qui a marché au niveau national avec l’élection de François Hollande peut fonctionner au niveau local, se dit-elle.

Fédération empêtrée dans l’affaire Guérini

Sur la ligne de départ : la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, les députés Patrick Mennucci et Henri Jibrayel, la sénatrice Samia Ghali et deux élus locaux, Christophe Masse et Eugène Caselli. Des candidats aguerris qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour mobiliser les Marseillais pendant plusieurs mois. Au moins 15 000 électeurs sont attendus pour le 1er tour de cette primaire.

A l’issue du résultat final, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, se rendra à Marseille. Une manière de confirmer l’engagement de l’Etat pour la deuxième ville de France. Comité interministériel, création d’une métropole : le gouvernement n’a pas ménagé ses efforts. "Si Marseille a besoin de la France, la France a besoin de Marseille", a déclaré en août dernier Jean-Marc Ayrault.

Malgré tous les efforts pour faire de la deuxième ville de France une cause nationale, la partie est loin d’être gagnée pour les socialistes. Surtout quand les coups viennent de leur propre camp. Empêtrée dans l’affaire Guérini, la fédération des Bouches-du-Rhône a été cette année mise sous tutelle. De quoi semer le trouble chez les électeurs, qui s’interrogent sur la probité des candidats.