Qui a mis le feu à la maison des retraités allemands ? Et où est passée Elisabeth Homke ? Une semaine après l'incendie volontaire de la longère d'Eitel Brandenburg et de sa compagne Élisabeth Homke, à Saint-Georges-de-la-Couée (Sarthe), ces deux énigmes sont au cœur de l'enquête. Laquelle, confiée à la gendarmerie de la Sarthe, a connu une avancée significative. Les fragments d'os retrouvés dans les cendres de l'habitation comparés à l'ADN de membres de la famille ont parlé : ils appartiennent à une seule et même personne, M. Bradenburg. Des morceaux d'une arme d'épaule ont également été découverts à côté.

"En revanche, aucune trace de Mme Homke n'a été retrouvée dans la maison, explique la gendarmerie à metronews. On ne sait pas si elle est vivante ou décédée. Par conséquent, l'appel à témoins la concernant est maintenu". Les enquêteurs avaient en effet lancé la semaine dernière d'importantes recherches pour retrouver les sexagénaires qui s'étaient installés dans la campagne sarthoise voilà une quinzaine d'années. Elisabeth Homke et Eitel Bradenburg avaient retapé eux-mêmes l'ancien corps de ferme. D'abord durant leur temps libre, faisant des allers-retours entre l'Allemagne et la France. Avant de s'y installer définitivement, l'âge de la retraite venu.

Incendie volontaire

Dans la nuit du 3 au 4 février, la jolie longère avec ses animaux est partie en fumée. Très vite, les enquêteurs avaient établi que l'incendie était volontaire : "Trop de départs de feu pour être une simple coïncidence". Mais jusqu'alors, aucun corps des propriétaires n'avait été retrouvé. Eitel, le costaud chasseur est donc décédé. Elisabeth, la souriante amie des bêtes est toujours recherchée. Une partie infime des fragments d'os découverts dans les décombres est encore à l'étude. Mais selon une source proche du dossier, ils appartiendraient aux animaux – les trois chiens et une partie des chats – tués dans l'incendie.

Désormais les regards se tournent vers les relations qu'entretenaient Eitel et Elisabeth. Selon plusieurs témoignages, le couple recomposé battait de l'aile. "Ils ne sortaient plus ensemble, lui partait souvent seul, chacun vivait un peu sa vie", résume une de leur voisine jointe par metronews. Gerhard, un autre Allemand vivant également sur la commune, raconte à Ouest France avoir coupé les ponts avec Eitel devenu "trop caractériel". L'ancien soudeur s'était "renfermé" et "fâché avec beaucoup de gens. Même avec sa femme", assure-t-il. Le journal révèle par ailleurs que depuis plusieurs années, Elisabeh Homke mettait de l'argent de côté. Son compagnon l'ignorait-il ? "C'est possible. C'était en cas de coup dur", répond une amie qui a parlé avec elle deux jours avant le drame. Avait-elle l'intention de fuir ? Elisabeth "se plaisait ici", répond-elle perplexe. Interrogés sur cette hypothèse, les gendarmes ne souhaitent pas faire de commentaire mais assurent que "toutes les pistes - du suicide au crime en passant par un départ volontaire - restent ouvertes dans cette affaire complexe".

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