Héroïne nationale pour les uns, criminelle de guerre pour les autres. Depuis son arrestation à l’été 2014, Nadia Savtchenko se trouve au cœur d’un imbroglio diplomatique entre la Russie et l’Ukraine : cette pilote ukrainienne est en effet accusée du meurtre de deux journalistes russes dans l'est de l'Ukraine. Elle encourt une peine de 23 ans de prison.

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En attendant l’énoncé de sa peine ce lundi, la justice russe a d’ores et déjà déclaré coupable cette femme de 34 ans. Originaire de Kiev, elle a débuté en 2004 sa carrière en Irak dans l’armée ukrainienne. Cinq ans plus tard, elle devient la première femme diplômée de l’école d’aviation de Kharkiv. Tout bascule en 2013, avec le soulèvement de Maïdan contre le président Viktor Ianoukovitch. Après l’annexion de la Crimée et les débuts de la guerre dans l’est du pays, elle quitte les rangs de l’armée et rejoint une unité paramilitaire de volontaires armés. C’est sous les couleurs de ce bataillon – qui sera accusé de plusieurs exactions sur des civils – qu’elle est arrêtée dans la région du Donbass, le 17 juin 2014.

Grève de la faim

Deux mois plus tard, Moscou l’accuse de la mort d’Igor Korneliouk et Anton Volochine, deux journalistes de la radio-télévision publique tués par un tir de mortier dans la région de Louhansk. Côté russe, on assure que la jeune femme a communiqué aux artilleurs de l’armée ukrainienne la position des deux hommes. Nadia Savtchenko, elle, estime qu’elle a été kidnappée par les rebelles, en territoire ukrainien, avant d’être livrée aux autorités russes.

Ces deux versions des faits font les choux gras des médias russes et ukrainiens qui, depuis des mois, alimentent la polémique. Le président ukrainien Petro Porochenko a par sa part demandé lundi aux États-Unis et à l'Union européenne d'accroître leurs pressions sur la Russie. Surtout que le temps presse : Nadia Savtchenko a entamé jeudi dernier une grève de la faim et de la soif.

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