Le "petit train" a coûté cher. De fin 2011 à début 2013, un couple n'a pas déboursé un centime aux péages autoroutiers qu'il empruntait. Jugée par le tribunal correctionnel de Narbonne, la femme, au casier judiciaire vierge, a été condamnée jeudi à quatre mois de prison avec sursis et à 30 jours-amendes de dix euros. Son compagnon, connu des services de police pour trafic de stupéfiants et vols, a lui écopé de quatre mois de prison ferme et de 26 jours-amendes à 26 euros.

Adepte de la technique dite de "la poussette" ou du "petit train", il passait les barrières de sécurité en se plaçant au plus près de la voiture qui les précédait. Soupçonnée d'être celle qui s'était vantée à la télévision de ne jamais payer les péages autoroutiers, la jeune femme avait été interpellée avec son compagnon en janvier 2013 près de Narbonne.

Sont-ils les témoins de l'émission télévisée ?

Stella est en effet soupçonnée de s'être confiée à visage flouté, dans l'émission Envoyé spécial, ses techniques de fraude. Ses propos avaient attiré l'attention des gendarmes de l'escadron de sécurité routière de l'Aude, qui avaient reconnu les barrières de péage de Narbonne. Ils avaient alors ouvert l'enquête, mis en place des surveillances et fini par identifier la jeune femme et son compagnon.

L'avocat du couple a formellement affirmé à l'audience "qu'ils n'étaient pas les témoins de l'émission télévisée" mais ce point n'a pas été abordé durant les débats. Vivant grâce au revenu de solidarité active (RSA), les prévenus se sont défendus en disant ne pas payer par manque d'argent. En revanche, le tribunal n'a pas accédé à la demande de la société concessionnaire des autoroutes, ASF (groupe VINCI) qui réclamait au couple 5 000 euros au titre du préjudice commercial.