"Critique mais stationnaire". C'est la formule désormais consacrée, encore utilisée jeudi, par la présidence sud-africaine pour décrire l'état de santé de Nelson Mandela, hospitalisé depuis le 8 juin. Un de ses vieux amis, Denis Goldberg, assure quant à lui l'avoir vu lundi "sans aucun doute très malade" mais "conscient". "Il a même essayé de bouger ses yeux et sa bouche quand je lui ai parlé", a-t-il raconté. Ce n'est pourtant pas ce qu'indique un document présenté par la famille Mandela à un tribunal la semaine dernière.

D'après ce texte daté du 26 juin, le prix Nobel 1993 "est dans un état végétatif permanent et sous assistance respiratoire pour survivre". En clair, il n'aurait plus d'activité consciente décelable, ce que dément la présidence sud-africaine. "L'état de santé de M. Nelson Mandela a empiré et les médecins ont conseillé à la famille Mandela de débrancher la machine (...) la famille Mandela envisage cette option comme étant très probable", indique le document de la famille. 

La famille Mandela se déchire autour des sépultures

Le document s'achève par les mots : "Ils attendent d'enterrer leur père et grand-père". Il a été présenté au tribunal de Mthatha (sud du pays) pour soutenir une plainte déposée par une partie de la famille pour obtenir le rapatriement des corps de trois des enfants de Nelson Mandela dans le village de Qunu (sud), où le héros de la lutte anti-apartheid souhaite être enterré. Sur la base de cette plainte, la justice a ordonné mercredi à l'aîné des petits-fils de Mandela, Mandla, de ramener les dépouilles de son père, sa tante et son oncle à Qunu. Les trois corps ont donc été exhumés mercredi soir et remis en terre le lendemain.

En tant qu'aîné des garçons, Mandla, 39 ans, a le statut de chef traditionnel à Mvezo, où il envisage de créer un grand site touristique autour de la mémoire de son aïeul. C'est lui qui y avait unilatéralement transféré en 2011 les trois corps. N'ayant pas apprécié la procédure judiciaire, il a tenu jeudi une conférence de presse, rediffusée en direct dans tout le pays, pour régler ses comptes, n'hésitant pas à révéler des secrets d'alcôve. Il a ainsi accusé, entre autres, sa tante Makaziwe "de semer la division dans la famille". Un déballage public que ne goûtent guère les Sud-Africains, qui aimeraient que leur héros puisse s'en aller en paix