Ce jour-là de juillet, elle était venue avec des membres de son association observer la situation des migrants en gare de Nice, en plein afflux de réfugiés. Puis, sollicitée par un mineur et une jeune femme originaires d'Erythrée, elle avait ensuite décidé d'emmener les deux migrants à la gare suivante, à Antibes, pour les soustraire au contrôle policier.

Une amende de 1 500 euros

Ce vendredi 18 décembre, Claire Marsol, 72 ans et bénévole niçoise de l'association Habitat et citoyenneté a été condamnée à 1 500 euros d'amende par le tribunal de Grasse pour avoir facilité le séjour et la circulation de deux migrants en situation irrégulière. Maître de conférence à la retraite, la militante était pourtant soutenue par de nombreux associatifs, notamment la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) en région Paca

Mais les 3 700 signatures de la pétition en sa faveur n'ont pas empêché sa condamnation. Après avoir expliqué au tribunal avoir agi "pour préserver la dignité et l’intégrité physique de ces personnes", Claire Marsol n'a pas convaincu les magistrats. Le procureur, qui avait requis 2 000 euros d’amende avec sursis, a notamment estimé que la soustraction de personnes à un contrôle policier ne relevait pas de l'immunité prévue par la loi du 31 décembre 2012 et qui offre aux personnes aidant des migrants une immunité pénale, à condition de ne pas avoir été rétribué et dans certaines limites. Claire Marsol a désormais dix jours pour faire appel.

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