Le livre "confession" de Nicolas Sarkozy, annoncé par lui-même au début de la semaine, sortira en librairie ce lundi. Un recueil sous forme d'autocritique et de projet dont Le Figaro a dévoilé plusieurs extraits dès vendredi. Au chapitre des regrets, l'ancien président est assez clair : 35 heures, immigration, impôts, il aurait "dû aller plus loin".

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Malgré tout, dans ces extraits publiés par Le Figaro, on trouve d'ores et déjà quelques contrevérités ou approximations à propos du bilan de son quinquennat (2007-2012). Les voici :

"Vincent Bolloré n'avait aucun contrat avec l'Etat"
En 2007, sitôt élu, Nicolas Sarkozy va passer quelques jours de repos en famille sur le yacht de son ami, le milliardaire Vincent Bolloré. Le symbole heurte bon nombre de Français. Sarkozy s'excuse : "J'ai pensé, à tort, que cinq jours sur le bateau d'un vieil et fidèle ami seraient utiles au sauvetage de ma famille". Puis il affirme que "Vincent Bolloré n'avait aucun contrat avec l'Etat". Une affirmation déjà soutenue après les faits, en mai 2007. A l'époque, plusieurs médias dont Le Monde et Rue89 avaient déjà exhumé les archives des marchés publics pour montrer que c'était faux : Bolloré, via une filiale, avait déjà passé des contrats avec l'Etat à cette date.

 "Nous n'avons jamais cédé devant la rue"
Dans une séquence, Nicolas Sarkozy se targue de n'avoir jamais abandonné une réforme devant des manifestations, prenant notamment en exemple la réforme des retraites et le passage à 62 ans dans le régime général. Si cette affirmation est globalement vraie, elle ne l'est pas entièrement. Début 2008, le gouvernement avait brandi, sur la base d'un rapport de l'économiste Jacques Attali, une réforme de la profession réglementée des taxis, afin de libéraliser le système. Face à la puissante grogne de la profession, le gouvernement avait purement et simplement oublié la réforme. Second exemple : les retraites, précisément. Tout occupé à faire passer sa réforme du régime général, le gouvernement Fillon a cédé, fin 2010, aux marins corses en leur promettant de ne pas toucher à leur régime spécial.

 Les "vertus" de l'exonération des heures supplémentaires
Mesure phare du début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, l'exonération des heures supplémentaires devait permettre aux salariés de "travailler plus pour gagner plus" et de détricoter les 35 heures, que Nicolas Sarkozy veut aujourd'hui faire disparaître. L'ex-Président se délivre un satisfecit, saluant les "vertus" de cette mesure qui "a permis à 9 millions de salariés de recevoir l'équivalent de 500 euros de pouvoir d'achat supplémentaire par an", reconnaissant seulement qu'il n'a "pas suffisamment modifié les 35 heures". Evoquant le "coût politique" de la mesure, il ne mentionne pas son coût économique, signalé dès juin 2011 dans un rapport parlementaire : 4,5 milliards d'euros, pour un gain qui n'a concerné qu'un actif sur trois, sans hausse constatée de la durée du travail mais avec un "effet d'aubaine" pour les entreprises et une suspicion d'effet pervers sur l'emploi.

 "Le bouclier fiscal m'a exposé à un coût politique"
Comme pour l'exonération des heures sup', Nicolas Sarkozy évoque le "coût politique" du bouclier fiscal (mesure fixant un montant maximal de prélèvements sociaux et fiscaux pour les foyers les plus fortunés). Jugeant le dispositif "habile", mais n'ayant pas fait suffisamment rentrer les personnes parties vivre à l'étranger pour des raisons fiscales". Le coût, là encore, est surtout financier : abandonné dès 2011, il aura plombé les finances publiques de 3,62 milliards d'euros, selon le projet de loi de finances 2013.

 Sur la déchéance de nationalité, "j'ai été accusé de tous les maux par l'opposition"
Dans la foulée du discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy a bien été précurseur sur la déchéance de nationalité pour les binationaux "convaincus d'actes criminels" (le débat porte aujourd'hui sur les terroristes). Dans son livre, il impute toutefois l'abandon de la mesure à l'hostilité de l'opposition. En réalité, Nicolas Sarkozy a abandonné l'idée après avoir fait face à l'hostilité d'une grande partie de son propre camp, mais aussi aux problèmes juridiques que posait la déchéance des binationaux… comme François Hollande aujourd'hui.