Nouvelles révélations dans l'affaire des écoutes. Dans le cadre de l'enquête menée par les juges Claire Thépaut et Patricia Simon, Nicolas Sarkozy avait été mis en examen dans la nuit du 1er au 2 juillet pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel.

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Il est soupçonné d'avoir voulu obtenir des informations sur le dossier Bettencourt auprès du haut magistrat Gilbert Azibert en échange de la promesse d'un poste à Monaco. Lors de son interview télévisée, l'ancien chef de l'Etat a nié ce point précis.

Le Monde publie une partie des écoutes

Le Monde révèle pourtant ce samedi que Nicolas Sarkozy a bien promis d'intervenir pour aider le magistrat, avant de renoncer subitement, à en croire les extraits d'écoutes publiés par le quotidien.

Selon la retranscription, l'ancien président et son avocat Thierry Herzog évoquent plusieurs fois le désir de Gilbert Azibert, alors en poste à la Cour de cassation, d'être nommé dans la Principauté. 

"Je vais faire la démarche"

"Je l'aiderai", dit Nicolas Sarkozy à Me Herzog le 5 février, sur un téléphone acheté sous un faux nom. "Moi, je le fais monter." Et l'ancien président d'ajouter: "appelle-le aujourd'hui en disant que je m'en occuperai parce que moi je vais à Monaco et je verrai le prince". 

Quand Nicolas Sarkozy charge son avocat Thierry Herzog

Le 24 février, Nicolas Sarkozy annonce à son avocat que son intervention est imminente: "tu peux lui dire que je vais faire la démarche auprès du ministre d'Etat demain ou après-demain". Le lendemain, les choses se précisent encore : "je voulais te dire, pour que tu puisses le dire à Gilbert Azibert, que j'ai rendez-vous à midi avec Michel Roger, le ministre d'Etat de Monaco (...) Je t'appellerai pour te dire ce qu'il en est".

"J'ai préféré ne pas en parler"

Mais finalement, Nicolas Sarkozy rappelle son avocat le 26 février, cette fois sur son téléphone "officiel", celui dont les enquêteurs pensent qu'il savait qu'il était sur écoute. L'ancien président affirme alors qu'il a renoncé: "j'ai trouvé que ça ferait un peu ridicule donc j'ai préféré ne pas en parler", dit-il notamment.

Selon Le Monde, le ministre d'Etat de Monaco, Michel Roger, a confirmé aux enquêteurs que Nicolas Sarkozy l'avait appelé au téléphone le 25 février mais qu'il n'avait pas évoqué Gilbert Azibert.