Une fois n'est pas coutume, trois hommes issus des meilleures universités américaines, pour ne pas dire mondiales, ont reçu le prix Nobel de médecine, ce lundi 7 octobre à Stockholm, en Suède. Randy Schekman et James Rothman, tous deux Américains, et l'Allemand Thomas Südhof ont été récompensé pour leur découverte sur les transports intracellulaires.

"Ils ont établi le mécanisme sophistiqué qui permet le transport et la libération des molécules dans les cellules". Leurs découvertes permettrait ainsi d'apporter des réponses à des troubles neurologiques et immunologiques comme le diabète.

Une idée "dingue"

James Rothman, l'un des trois lauréats, expliquait lundi que l'objet de ses recherches était au départ considéré comme "dingue". "Dans les premières années où j'ai commencé ce projet à l'université de Stanford tout le monde me disait que c'était dingue d'aller essayer de reproduire les choses mystérieuses et complexes qui surviennent dans une cellule", a-t-il expliqué lors d'un entretien diffusé sur le site internet de la fondation Nobel. Pourtant, "c'est absolument fascinant", a-t-il souligné.

"Chaque cellule est une usine qui produit et exporte des molécules. Par exemple, l'insuline est fabriquée et libérée dans le sang et des signaux chimiques appelés les neurotransmetteurs sont envoyés d'une cellule nerveuse à une autre. Ces molécules sont transportées autour de la cellule dans de petits paquets appelés vésicules. Les trois lauréats du Nobel ont découvert les principes moléculaires qui gouvernent la manière dont ce chargement est livré au bon endroit au bon moment dans la cellule", a ajouté le jury. Une découverte qui ouvre la voie à de nombreuses autres dans la recherche moléculaire.

Harvard, Yale et les autres

Stanford, Berkeley, Harvard, Yale, MIT, etc. Ces universités qui ont vu passé sur leurs bancs les trois lauréats se trouvent aussi auréolées de ces récompenses. Rothman, 62 ans, est titulaire d'un doctorat de la célèbre université d'Harvard, et s'est aussi illustré au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en tant que chercheur, avant débuter ses recherches sur les vésicules de la cellule, qui lui valent aujourd'hui un Nobel, à l'université californienne de Stanford. Il enseigne aujourd'hui la science biomédicale à Yale.

Randy Schekman, 64 ans, a quant à lui obtenu son doctorat à Stanford. Il est aujourd'hui professeur de biologie moléculaire et cellulaire à l'Université de Berkeley, en Californie. Enfin, l'Allemand Thomas Südhof, 58 ans, est chercheur et professeur de physiologie cellulaire et moléculaire à l'université de Stanford. Il s'est notamment illustré par ses travaux sur l'autisme, la schizophrénie et la maladie d'Alzheimer, pour lesquels il a reçu le prix Kavli en 2010.