Chacun sa version des faits, sans que l'on ne sache trop qui croire. Tout commence jeudi soir. Le Figaro et Le Parisien tiennent un scoop : Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l'affaire Bettencourt, va faire l'objet d'un "non-lieu" de la part du parquet de Bordeaux, faute de charges suffisantes contre lui. L'information sort vendredi dans l'édition papier du journal francilien, puis est reprise par les différents médias.

Vendredi matin, 11h41 : une alerte de l'Agence France-Presse (AFP) affirme que le parquet de Bordeaux "n'a pris aucune décision quant à l'orientation des réquisitions qu'il sera amené à prendre", selon un communiqué du procureur Claude Laplaud, "contrairement à une information rendue publique".

Une précision, sans démentir

L'AFP valide pourtant la thèse du "non-lieu requis". "De sources proches du dossier", une note d'accompagnement au document envoyé rédigé par le procureur après l'audition de l'ex-président "conclut qu'il est vraisemblable que le parquet sera amené à constater l'insuffisance des charges pesant sur l'ancien chef d'Etat", écrit-elle dans une dépêche, à 12h40.

Vraie ou fausse information alors ? Dans son communiqué, le parquet ne dément pas le fait qu'il y aura un non-lieu prononcé. Le procureur souligne le fait que "la procédure, comportant plusieurs milliers de pièce et lancée depuis seulement huit jours doit faire l'objet d'une analyse détaillée".

Se donner du temps pour trouver des preuves

Le délai annoncé dès le départ est donc maintenu : la décision ne sera rendue que d'ici trois à quatre mois, selon le parquet, pour examiner toutes les preuves. Selon Le Parisien et l'AFP pourtant, les auditions de différents membres du personnel menées par le parquet de Bordeaux n'ont pas fourni d'éléments de nature à justifier un renvoi de l'ancien président devant le tribunal.

Après la mise en examen prononcée le 21 mars, les enquêteurs semblent surtout vouloir se donner le temps de chercher des preuves que Nicolas Sarkozy a rencontré Liliane Bettencourt à plusieurs reprises en 2007, en vue d'obtenir d'elle abusivement un financement de sa campagne. Outre l'ancien Président, onze autres personnes sont mises en examen dans ce dossier.