Certains sont là depuis des dizaines d'années et leur maison a vu défiler cinq générations. Pour eux, pas question de déménager pour laisser la place à un aéroport que beaucoup conteste. Ce mercredi, les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes maintiennent la pression, multipliant opérations escargot et blocages de routes près de Nantes.

Les contestataires espèrent toujours un geste du président de la République, François Hollande, pour empêcher l'audience d'expulsion d'une quinzaine de militants historiques de leur cause. Car c'est ce mercredi en fin de matinée que le tribunal de grande instance de Nantes examine la demande en référé de la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci et concessionnaire du site, visant à leur expulsion, assortie d'une astreinte journalière de 200 à 1 000 euros et d'une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s'ils n'obtempèrent pas

Interpellés puis relâchés

Mardi dans la journée, 19 conducteurs ont été interpellés pour entrave à la circulation puis placés en garde à vue et leurs véhicules conduits à la fourrière.  Ces 19 personnes ont été relâchées en fin de journée et convoquées devant la justice pour le 24 février, leurs véhicules devant rester en fourrière jusqu'à cette date, a indiqué la police. Lundi déjà, trois agriculteurs avaient été placés en garde à vue après avoir tenté de forcer un barrage de gendarmes avec leurs tracteurs, lors d'une opération escargot à l'ouest de Nantes. Remis en liberté mardi matin, ils feront l'objet de poursuites, selon Copain 44 (agriculteurs proches de la confédération paysanne, opposés au projet d'aéroport).

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L'association agricole, qui voit dans cette réponse des pouvoirs publics "une volonté délibérée de provocation aux affrontements", n'en reste pas moins déterminée à poursuivre ses actions tant qu'elle n'aura pas obtenu l'assurance du président François Hollande qu'il n'y aura "ni procès ni expulsion" des 11 familles et des quatre agriculteurs installés sur la zone où doit être construit l'aéroport."On ne nous répond toujours pas sur l'annulation de la procédure de référé qui doit être examinée mercredi à Nantes. Il faudrait que le gouvernement se décide à dire quelque chose, car la colère monte", a déclaré Vincent Delabouglise, un des porte-parole du Collectif d'organisations agricoles opposées à l'aéroport.

Une "colère" dont certains redoutent qu'elle ne déborde à l'occasion de la manifestation "dans le calme et la sérénité" appelée par les anti-aéroport mercredi matin devant le tribunal de grande instance.

Mise en suspens en 2012 peu avant les dernières tentatives d'évacuation de la "Zad" - Zone d'aménagement différé dédiée au projet, rebaptisée "zone à défendre" par les opposants -, la procédure visant à expulser les derniers habitants du site où doit être construit l'aéroport a été relancée à l'automne 2015, après l'annonce d'une reprise des travaux pour début 2016.

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