1. Le vouvoiement préconisé 
L'article 14 du nouveau code, consacré à la "relation avec la population" précise que cette relation est "empreinte de courtoisie et requiert l'usage du vouvoiement". Dans le texte de 1986, la relation avec les citoyens était décrite comme marquée par "le respect absolu des personnes, quelles que soient leur nationalité ou leur origine, leur condition sociale ou leurs convictions politiques, religieuses ou philosophiques". Pour Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat UNITE-SGP, le vouvoiement "était déjà un principe de bon sens qui a toujours fait office de règle", explique-t-il à metronews.

2. Encadrement des contrôles d'identité
"Pour la première fois, le texte encadre juridiquement les palpations de sécurité conduites à l'occasion de contrôles d'identité". Il stipule que le "contrôle d'identité (...) ne se fonde sur aucune caractéristique physique ou aucun signe distinctif pour déterminer les personnes à contrôler sauf s'il dispose d'un signalement précis motivant le contrôle".

La "palpation de sécurité" est "réservée aux cas" pour lesquels policiers et gendarmes la considèrent "nécessaire à la garantie de (leur) sécurité" ou "celle d'autrui". Elle doit être "pratiquée à l'abri du regard du public" chaque fois que c'est possible. Pour Nicolas Comte, qui ne voit "rien de vraiment nouveau dans ce nouveau code de déontologie", "cette pratique à l'abri du regard public était évidemment déjà appliquée".

3. Le retour du matricule 
C'est le point le plus controversé. S'il n'est pas clairement indiqué dans le nouveau code, l'article 15 précise cependant que les forces de l'ordre "doivent être identifiables individuellement", référence explicite au numéro d'identification qui sera apposé sur l'uniforme des policiers et des gendarmes. Ce matricule, visible, avait été promis par Manuel Valls et a été préféré au récépissé délivré lors de contrôles d'identité, réclamé par les associations.

Pour Nicolas Comte, "cette décision est une mauvaise réponse à une bonne question : celle de savoir comment remédier à la rupture des relations entre les forces de l'ordre et la population". Ce syndicaliste d'UNITE-SGP estime que "ce matricule est une manière de pointer du doigt le policier alors que la responsabilité se situe ailleurs. Notamment du côté des décisions politiques, comme celle de la politique du chiffre ou de la judiciarisation à outrance". "Si le principe même de la transparence est bon, explique Nicolas Comte, il est déjà possible d'identifier les forces de l'ordre puisque, par exemple, chaque véhicule est immatriculé, le nom est apposé lorsqu'un procès-verbal".

4. Protection et respect des personnes privées de liberté 
Le nouveau code de déontologie ajoute quelques précisions au fait, déjà contenu dans l'ancien, que "toute personne appréhendée est préservée de toute forme de violence et de tout traitement inhumain ou dégradant". Il est désormais clairement énoncé dans l'article 17 que "nul ne peut être intégralement dévêtu" sauf cas précis, et que tout membre des forces de l'ordre "ayant la garde d'une personne appréhendée est attentif à son état physique et psychologique".

5. Neutralité 
"Le policier est tenu à l'obligation de neutralité", précise l'article 29 consacré au "devoir de réserve". "Il s'abstient, dans l'exercice de de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques ou philosophiques". L'ancien code se contentait de demander au fonctionnaire de police d'être "loyal envers les institutions républicaines, intègre et impartial".