Deux semaines après le massacre d'Houla, une nouvelle tuerie a été perpétrée en Syrie. A nouveau, une centaine de personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants, ont été massacrées dans la région de Hama (centre du pays), a rapporté hier le Conseil national syrien (CNS).
Selon l'opposition syrienne, le massacre a eu lieu dans le hameau d'al-Koubeir, bombardé par les forces du régime de Damas, avant que des miliciens, les chabbiha, pénètrent dans le village et tuent les habitants par balles ou à l'aide d'armes blanches.
Une information contestée jeudi 7 juin par le régime de Bachar al-Assad. "Ce que quelques médias ont rapporté sur ce qui s'est passé à al-Koubeir, dans la région de Hama, est complètement faux", a indiqué le gouvernement dans un communiqué à la télévision officielle. Ce dernier accuse "un groupe terroriste" d'avoir tué "neuf personnes".
Interrogé par l'AFP, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a pour sa part rapporté un "massacre" dans lequel aurait péri 87 personnes, selon un bilan non définitif.
Cette tuerie fait écho au crime perpétré à Houla, dans la province de Homs, le 25 mai dernier, dont ont été victimes 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes. Un massacre qui avait provoqué un tollé au sein de la communauté internationale qui a renforcé ses sanctions contre de Damas.
Deux mois après la mise en place du plan de sortie de crise proposé par Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, les tueries se poursuivent marquant l'échec de cette médiation alors même que des observateurs internationaux sont déployés dans le pays.
Réunion à Istanbul
Hier soir avait lieu une réunion à Istanbul (Turquie) entre les Etats-Unis, plusieurs pays européens et arabe sur le cas syrien. A l'issue de cette rencontre, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est prononcée en faveur d'un transfert total du pouvoir en Syrie à un gouvernement de transition, selon un haut-responsable du département d'Etat.
Moscou et Pékin font blocage
Une solution envisagée au sein de la communauté internationale qui ne peut intervenir en Syrie avec mandat de l'ONU, en raison notamment du blocage de la Russie et de la Chine. Ces deux membres du Conseil de sécurité se sont également prononcés contre l'option d'un changement à la tête du pouvoir syrien.
"La Russie et la Chine sont résolument opposées à des tentatives en vue de régler la crise en Syrie par le moyen d'une intervention militaire étrangère, de même qu'en vue d'imposer un changement de régime", ont-ils déclaré suite à la venue de Vladimir Poutine à Pékin.
Plusieurs désaccords apparaissent face à une situation qui semble bloquée après plus de 14 mois de conflit sanglant en Syrie. Ainsi, alors que Kofi Annan doit proposer ce jeudi à l'ONU la mise en place d'un nouveau groupe de contact incluant les occidentaux, la Russie, la Chine et peut-être l'Iran, afin de tenter de convaincre Damas d'entamer un dialogue avec l'opposition, Paris et Washington se sont formellement opposés hier à ce que Téhéran soit associé à un tel groupe, rapporte l'AFP.
















