43 minutes d'agonie qui relancent le débat sur la peine de mort aux Etats-Unis. L'exécution mardi soir de Clayton Lockett a mis en lumière les failles des méthodes employées par les Etats américains et n'a pas manqué de faire réagir la communauté internationale.

A commencer par la France, qui par la voix du porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Vincent Floréani, a "condamné" cette exécution, et a rappelé "l'opposition" du pays "à l'application de la peine de mort, partout dans le monde". Clayton Lockett, 38 ans, a été condamné à la peine capitale pour le viol et le meurtre d'une jeune femme. Mardi, quelques minutes après l'injection du cocktail létal, le prisonnier a sombré dans un état de souffrance extrême poussant les geôliers à stopper le processus.

Pour la première fois, l’Oklahoma utilisait un nouveau protocole en trois étapes : l’injection d’un sédatif, le midazolam, suivi d’un paralysant, le bromure de vecuronium, et enfin le chlorure de potassium, qui stoppe les battements du cœur. L'homme est finalement décédé trois quarts d'heure après la première injection d'une crise cardiaque foudroyante. La condamnation à mort d'un autre homme, Charles Warner, qui devait suivre, a elle été reportée.

Moratoire demandé

Paris a exhorté ce mercredi "les autorités de l'Oklahoma à établir un moratoire en vue d'une abolition de ce châtiment, comme l'ont fait de nombreux Etats des Etats-Unis". Le gouverneur de l'Etat de Washington avait en effet décidé d'un moratoire sur les exécutions pointant les failles du système. Le Sénat du Kansas examine de son côté l'abolition de la peine de mort pour la remplacer par la réclusion à perpétuité.

Depuis le refus des fabricants européens de fournir l'anesthésiant le plus courant (pentobarbital) pour des exécutions humaines, plusieurs États américains confrontés à une pénurie de barbituriques cherchent des composants alternatifs et se tournent vers de nouveaux fournisseurs parfois peu scrupuleux. Les recours judiciaires d'avocats qui craignent que leurs clients ne succombent dans d'atroces souffrances se multiplient. Au mois de février, un juge de l'Arkansas a donné raison à neuf condamnés. La défense de Clayton Lockett avait également déposé de nombreux recours pour obtenir des renseignements sur les nouveaux produits utilisés. En vain.