Les 2500 mosquées de France ont été appelées à ouvrir leurs portes aux non-musulmans ces 9 et 10 janvier. Lancée par le Conseil français du culte musulman (CFCM) un an après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, cette initiative vise à "créer un espace d’échange et de convivialité" et à "consolider le vivre-ensemble", selon son président Anouar Kbibeche.

"Nous nous sommes interrogés sur ce que nous pourrions faire pour renforcer la concorde et la cohésion nationales à l'occasion des commémorations. Au lieu de s'attarder sur des actes tragiques, il nous a semblé plus utile de commémorer l'esprit du 11 janvier."

Une main tendue contre les amalgames

Plus de 300 personnes ont fait le déplacement jusqu'à la mosquée de Saint-Étienne (Loire) ce samedi, pour découvrir les grandes lignes de l’islam et boire le "thé de la fraternité". Selon Aldo Mouden, porte-parole de la mosquée de Saint-Étienne, cette initiative est un moyen de briser les idées faussées par les attentats terroristes qui ont marqué la France et dissocier cette religion du terrorisme. Pour l'une des visiteuses de la mosquée, cette initiative est surtout le moyen de mettre fin aux idées biaisées relayées sur les réseaux sociaux.

En ouvrant leurs portes aux non-musulmans, les mosquées espèrent "mettre en avant les vraies valeurs de l'islam et tordre le cou à ces clichés de liens avec la violence et le terrorisme". Ceux qui le désirent seront donc accueillis tout le week end, au cœur des mosquées où ils pourront débattre, poser des questions, apprendre, visiter le lieu de culte, assister aux cinq prières quotidiennes et partager des pâtisseries.

"Sales arabes", "terroriste"

Cette opération découverte intervient après une année marquée par les actes islamophobes. Le CFCM avait recensé 25 actes islamophobes en octobre dernier et une augmentation de 70% à la suite des attentats du 13 novembre. Insultes, agressions et dépôt de tranches de jambon devant les lieux de culte musulmans... Le racisme anti-musulman n'est pas un leurre et les récents événements survenus à Ajaccio en Corse en sont la preuve.

Une salle de prière du quartier des Jardins de l’Empereur avait été saccagée par des manifestants en colère, à la suite de l'agression de deux policiers et d'un pompier, blessés dans le guet-apens tendu au sein d'une cité. Les représentants de l'islam en France, ainsi que les politiques, avaient appelé à ne pas céder à la violence.

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