François Hollande avait lui-même levé le suspense dimanche soir. Intervenant sur M6, le président de la République avait annoncé que l'Etat avait donné instruction à ses trois représentants au sein du Conseil d'administration d'Orange de voter en faveur du maintien de Stéphane Richard. C'est désormais chose faite : le Conseil a maintenu à la tête de l'opérateur son patron emblématique, après sa mise en examen la semaine passée dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais.

Le Conseil d'administration "a décidé de renouveler sa pleine confiance à Stéphane Richard pour continuer à relever, avec la même énergie, les nombreux défis d'Orange, dans l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés, de ses clients et de ses actionnaires", selon le communiqué du groupe. Avant de tempérer sa décision : tout en estimant que "les mesures judiciaires affectant Stéphane Richard ne remettent pas en cause la capacité du Président-Directeur Général à assumer pleinement et efficacement la direction d'Orange", le conseil a en effet décidé de confier à un administrateur indépendant, Bernard Dufau, "une mission à cette fin".

Ne pas déstabiliser l'entreprise aux 170.000 salarié

L'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde reste donc en place, mais sur surveillance. Selon Daniel Guillot, administrateur salarié CFDT, Bernard Dufau "est en charge d'une mission de suivi au cas où la situation change", pour le patron avant la fin de son mandat à l'été 2014.

Le soutien de l'Etat n'est guère une surprise. Car l'objectif de cet actionnaire à hauteur de 27% était clairement de ne pas déstabiliser l'entreprise aux 170.000 salariés, qui s'est à peine remise de la vague de suicides qui l'a secouée entre 2008 et 2009, et qui se trouve confrontée à un climat extrêmement concurrentiel depuis l'arrivée de Free Mobile sur le marché en janvier 2012.