Il s'appelle Marcin Suder. Jusqu'il y a peu, ce photographe polonais de 34 ans était retenu en otage en Syrie mais, au cours de circonstances qui restent floues, ce dernier a échappé à ses ravisseurs et a pu rentrer en Pologne, a annoncé jeudi le ministre polonais des Affaires étrangères. Une annonce laconique faite simplement sur Twitter alors que l'ex otage a déjà retrouvé sa famille depuis plusieurs jours.

"Il a eu un grand coup de chance. Il a réussi à s'enfuir", a précisé un peu plus tard Marcin Wojciechowski, le porte-parole du ministère, ajoutant simplement que "les services consulaires polonais dans la région avaient aidé le photographe à rentrer au pays". Les autorités ne se sont pas étendues sur la détention du photographe ni sur les circonstances dans lesquelles il s'est échappé.

"Détenu dans une cave sombre"

Indiquant que son fils était "encore un peu sous le choc", sa mère, Krystyna Jarosz a raconté à la radio polonaise RMF FM qu'"au début, il a été détenu dans une cave sombre, sans nourriture. Après, on lui donnait un peu de quoi manger. Mais ce n'était pas un centre de remise en forme", a-t-elle ajouté, précisant que Marcin Suder avait maigri et qu'il portait des traces sur le corps, sans préciser toutefois la nature de ces traces.

Journaliste indépendant, Marcin Suder avait été enlevé en juillet au cours d'un raid mené par des hommes armés contre le centre des médias de Saraqeb, une localité située dans la province d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie. Si le Premier ministre polonais Donald Tusk avait évoqué en juillet l'implication possible d'un groupe radical, l'identité des ravisseurs, pour peu qu'elle ait été connue, n'a pas été communiquée, tout comme leurs revendications.

Une quinzaine de journalistes étrangers, parmi lesquels les Français Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès sont actuellement retenus en otage en Syrie, où les enlèvements se sont multipliés ces derniers mois dans ce pays en guerre civile depuis mars 2011.