Une bien mauvaise publicité. En annonçant prématurément la libération des otages français ce jeudi, le discret ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, est rentré dans la liste des ministres "gaffeurs" du gouvernement, s'attirant les foudres de l'opposition. Peu tendre, l'ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, a attaqué d'emblée "un ministre délégué aux Anciens combattants qui veut se la jouer et annoncer une nouvelle".

Il faut dire que jusqu'alors, Kader Arif, 53 ans, était relativement inconnu du grand public. Fils de harki, il a été déjà surnommé le "ministre de l'Algérie" par ses détracteurs. On a notamment pu le voir aux côtés de François Hollande lors de ses récents déplacements en Algérie, son pays de naissance. Né à Alger, issu d'une famille de quatre enfants, Kader Arif pouvait jusqu'alors se targuer d'un parcours sans-faute.

"Je ne suis pas là pour briller"

Alors qu'il est simple militant de Haute-Garonne, il est repéré en 1999 par Lionel Jospin, alors Premier secrétaire du PS. Il se rapproche vite de François Hollande, dont il va devenir un des lieutenants et prend alors la tête de la fédération socialiste de Haute-Garonne, où il obtient vite les meilleurs résultats nationaux. Elu député européen en 2004 et réélu en 2009, il reste dans le giron de François Hollande jusqu'à son entrée au gouvernement, le 16 mai 2012.

Une consécration, en quelque sorte, pour celui qui se dit "issu d'une famille modeste" : "Je pense souvent à la fierté qu'auraient mes parents de me voir là où je suis", confiait-il au JDD en décembre 2012. Son poste de ministre délégué aux Anciens combattants est peu médiatisé, qu'importe. "Ça ne me dérange pas, assurait-il alors. Je ne suis pas là pour briller". Sa bourde de ce jeudi à l'Assemblée l'aura fait sortir de l'ombre malgré lui.