Nouvelle journée chargée dimanche pour le pape François, qui a célébré à midi son premier Angélus à Rome. Devant 150.000 fidèles qui l'ont ovationné place Saint-Pierre, il a insisté sur l'importance de la miséricorde et du pardon. Du haut de la fenêtre des appartements pontificaux, il a demandé à la foule de prier pour lui, réitérant ensuite cette demande dans son premier tweet. La veille, le souverain pontife avait rencontré au Vatican 3.000 journalistes venus du monde entier. Metro revient sur ces premiers pas et ce qu'ils laissent entrevoir du pontificat qui s'ouvre.

Opération séduction.
Dès sa première intervention publique au soir de son élection mercredi, le pape François avait donné une image chaleureuse et de proximité. Il est resté dans ce registre dimanche, en se livrant avant l'Angélus à un bain de foule, inhabituel au Vatican. Samedi, lors de son intervention devant un parterre de milliers de journalistes venus du monde entier. Pour la première fois, l'invitation avait été étendue à leurs familles. Vêtu de blanc et sans fioritures, l'ex-archevêque de Buenos Aires a commencé par remercier les médias pour "leur travail très professionnel" pendant la période intense du conclave. Et de leur lancer, dans un large sourire : "Vous avez eu beaucoup de travail, hein ?"

L'image d'un pape simple. 
Le lendemain de son élection, le nouveau pape était repassé par l'hôtel où il était descendu à son arrivée à Rome pour régler la note de sa chambre, normalement. Depuis, il a montré à plusieurs reprises qu'il n'hésite pas à s'écarter du protocole, contrastant avec son strict prédécesseur. Vendredi, en recevant les cardinaux dans la Salle Clémentine, il avait frappé par ses propos sur les liens "fraternels" entre cardinaux. Il les avait ensuite salués un par un, de manière naturelle, échangeant même avec certains ce qui paraissait être des bons mots. Samedi, il a relevé systématiquement ceux qui s'agenouillaient devant lui, se montrant également réticent à ce que l'on baise son anneau.

Pourquoi François ?
Le pape a profité de sa première intervention devant la presse pour donner des explications sur le choix de son nom de règne. "Quand les choses sont devenues dangereuses...", a-t-il commencé dans une nouvelle pointe d'humour, à propos du moment où il a compris qu'il risquait d'être élu. Une fois la majorité des deux tiers atteinte, a-t-il poursuivi, son "grand ami", le cardinal brésilien Hummes, lui a donné une longue accolade pour le réconforter. "'N'oublie pas les pauvres', m'a-t-il dit, et j'ai pensé à François d'Assise, aux guerres, et qu'il était un homme de paix, et le nom est venu dans mon cœur". "Beaucoup ont dit que je devrais m'appeler Adrien pour être un vrai réformateur, ou encore Clément comme vengeance contre Clément XIV qui abolit la Compagnie de Jésus", a ajouté avec une pointe d'ironie le premier pape jésuite.

Une "Église pauvre pour les pauvres".
S'appuyant sur l'exemple de Saint François d'Assise, le pape a esquissé l'impulsion qu'il compte donner à son pontificat. "Comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres", a-t-il affirmé. Un discours en cohérence avec le parcours de celui qui, quand il dirigeait l'évêché de Buenos Aires, a beaucoup oeuvré dans les bidonvilles et refusait de nombreux avantages liés à sa fonction.