Dès son élection mercredi soir, le parallèle a été fait entre le "pape normal" François et le "président normal" François Hollande. Mais les deux hommes se ressemblent par un autre trait de caractère : l'humour. Vendredi, le nouveau souverain pontife invitait les cardinaux à ne "pas céder au pessimisme, à l'amertume que nous présente chaque jour le diable". S'appliquant son propre conseil, en total contraste avec son timide et austère prédécesseur, le pape François ne rechigne pas à quelques bons mots. Au risque de se voir surnommer, comme François Hollande en France, "monsieur petites blagues". En voici notre premier best-of.

1. Pendant l'Angélus. 
Célébrant dimanche son premier Angélus place Saint-Pierre, à Rome, le nouveau chef de l'Eglise a insisté sur l'importance de la miséricorde. Évoquant l'ouvrage d'un cardinal sur le sujet, il a précisé en souriant : "Ne croyez pas que je cherche à faire de la publicité aux livres de mes cardinaux".

2. Sur son pays d'origine. Au soir de son élection, le premier pape non européen depuis mille ans s'amuse de son origine. "Il semble que mes frères cardinaux sont allés chercher l'évêque de Rome à l'autre bout du monde!", lance-t-il à la foule venue l'acclamer sur la place Saint-Pierre de Rome.

2. Sur son élection.
Le souverain pontife est revenu samedi sur le conclave qui l'a porté à la tête de l'Eglise, pour expliquer son état d'esprit dans ces circonstances particulières. "Quand les choses sont devenues dangereuses...", a-t-il malicieusement commencé à propos du moment où il a compris qu'il risquait d'être élu.

Après la fin du conclave, le pape tout juste élu est rentré à la résidence Sainte-Marthe en minibus, en compagnie des autres cardinaux. Puis "il y a eu un dîner joyeux et à la fin, au cours d'un toast, il a dit aux cardinaux : 'que Dieu vous pardonne pour ce que vous avez fait'", a rapporté le père Lombardi.

4. Sur son nom de règne.
Revenant sur le choix de "François" comme nom de règne, le Saint-Père a expliqué avoir rejeté certains autres noms qui lui avaient été suggérés. "Beaucoup ont dit que je devrais m'appeler Adrien pour être un vrai réformateur, ou encore Clément comme vengeance contre Clément XIV qui abolit la Compagnie de Jésus", a ajouté, non sans ironie, le premier pape jésuite.

5. Sur les médias.
Pour sa première rencontre avec les journalistes samedi, le pape François les a chaleureusement remerciés pour le travail fourni depuis la démission de Benoît XVI et durant le conclave. Et de lancer, un brin goguenard, aux 3.000 journalistes venus l'écouter : "Vous avez eu beaucoup de travail, hein ?"