Jamel Leulmi, condamné pour avoir tué sa femme et tenté de faire assassiner une autre conquête afin d'empocher des millions d'euros d'assurance-décès, ce qu'il a toujours nié, est jugé en appel à partir de ce mardi et jusqu 'au 12 février à Paris. Le 22 mai 2014, celui que la presse a surnommé le "Barbe Bleue de l'Essonne", avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

Mais quatre semaines ou presque de procès, devant une salle le plus souvent comble et un défilé incessant de témoins, n'avaient guère éclairé la personnalité de cet homme de 37 ans aujourd'hui. Ce séducteur bodybuildé et bien mis, sur lequel plusieurs années de détention provisoire semblaient avoir glissé sans laisser de traces, était resté aussi calme et poli que parfaitement insondable. Il a été reconnu coupable au terme de ce premier procès d'avoir assassiné son ex-femme, Kathlyn Vasseur, en 2007 à Leudeville (Essonne), probablement en l'étouffant après un accident de vélo. L'ancien professeur de technologie avait alors touché plus d'un million d'euros grâce aux contrats d'assurance-décès qu'elle avait souscrits à son bénéfice.

Un "danger pour notre société"

Jamel Leulmi avait également été reconnu coupable du chef de "complicité d'assassinat" à l'encontre de Julie Derouette, une ancienne conquête, agressée en décembre 2009 au Maroc et qui avait eu la colonne vertébrale brisée. Cette dernière avait également souscrit des assurances-décès au nom de Jamel Leulmi, à hauteur de 7 millions d'euros. Une troisième femme, Karine T., vendeuse présentant selon les experts un "léger retard mental", avait expliqué devant la cour d'assises de l'Essonne avoir souscrit des assurances-décès -3 millions d'euros- pour cet amant rencontré dans un club échangiste, alors qu'elle ne sait ni lire, ni écrire.

En première instance, l'avocat général avait requis la peine maximale, soit la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, en estimant que l'accusé était "un danger pour notre société". La défense avait de son côté plaidé l'acquittement.

Alors que les expertises psychologiques relevaient chez lui une personnalité "manipulatrice avec des traits pervers", ses conseils, emmenés par Eric Dupond-Moretti, avaient insisté sur l'absence de preuve formelle. "Je pense que le mobile qu'on lui prête a balayé comme un tsunami le reste", avait déploré le médiatique avocat après le verdict.

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