C’est une nouvelle et étonnante illustration de la difficulté de trouver un logement à Paris. Dans la capitale, une salariée a vu son dossier immobilier refusé par le propriétaire du bien pour un très curieux motif : son "profil internet" correspondait moins bien que celui d’un autre candidat.

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Contactée par metronews, la salariée tient absolument à garder l’anonymat. Si elle rapporte sa mésaventure, c’est pour s’interroger sur les pratiques "de notre époque". Mais pas question pour Miranda, appelons la Miranda, de régler ses comptes avec le propriétaire du bien.

Un argument qui a pesé dans la balance

Après avoir repéré l’appartement en question, un deux-pièces à République, dans le 10e arrondissement de la capitale, elle prend contact par mail avec le propriétaire. Les échanges, très cordiaux de l'aveu même de Miranda, s'enchaînent et cette dernière détaille sa situation professionnelle, ses revenus... Mais elle recevra en retour un mail de refus. Ne comprenant pas pourquoi, celle-ci pose la question au propriétaire du bien, qui lui répond sans ambages que "son profil internet" correspond moins à l’appartement que celui d’un autre candidat.

Si elle s’estime chanceuse d’avoir reçu une explication, "ce que tous les propriétaires ne font pas", souligne-t-elle, elle trouve l’argument particulièrement surprenant.

Banquiers, médecins, propriétaires, stalkers en puissance

Derrière le terme de "profil internet", le propriétaire veut sans doute parler de l’e-réputation de Miranda, active publiquement sur différents réseaux sociaux ; elle explique d’ailleurs avoir vu sur LinkedIn - un réseau social professionnel - que son profil avait été consulté par le propriétaire en question. "Je suis surprise du poids de la subjectivité de son jugement, dans un domaine où il est facile de s'inventer un personnage. Je peux comprendre que le feeling ne passe pas de visu [lors d’une visite] et qu'on puisse juger sur ce point, mais sans échange humain, ça me fait me poser des questions sur notre époque", explique-t-elle.

Au-delà de la difficulté d’accéder à un logement, l’argument pose la question de l'e-réputation numérique. Outre que votre futur employeur a de plus en plus tendance à regarder les traces que vous faites sur internet (photos publiques sur Facebook, blog, compte Twitter, forums, etc.), les banquiers s’y mettent aussi doucement, et même les médecins. Et désormais les propriétaires désireux de louer leur appartement.

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