Le jour de son anniversaire, Patrick Henry a appris qu'il ne sortirait pas de prison. La cour d'appel de Paris a refusé de lui accorder une remise en liberté, ce jeudi 31 mars. Condamné en 1977 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d'un enfant, Patrick Henry avait obtenu du tribunal d'applications des peines à Melun une libération conditionnelle au terme d'un parcours de probation de 16 mois. Mais le parquet avait aussitôt fait appel. Il était sorti après 25 ans de prison en mai 2001 sous les feux des médias mais avait été arrêté en Espagne en 2002 en possession de 10 kg de cannabis, ce qui l'avait reconduit derrière les barreaux.

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La perpétuité "réelle" est rare

En France, les condamnations à perpétuité ne sont pas des peines de prison à vie. Elles ne sont pas assorties d'une période de sûreté illimitée, délai après lequel un détenu peut théoriquement demander une libération conditionnelle. La justice doit pouvoir laisser aux condamnés la possibilité de voir leur situation carcérale à nouveau examinée. 

La perpétuité dite "réelle" ou "incompressible" sont très rares. Seules trois personnes ont été condamnées à cette sanction pénale la plus importante du code pénal. Il s'agit de Michel Fourniret, Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou" et Nicolas Blondiau, pour le meurtre en 2011 d'Océane, 8 ans. Leur période de sûreté est illimitée. Mais ils pourront toutefois, après 30 ans de prison, demander à ce que le juge d'application des peines sollicite l'avis d'un collège d'experts psychiatres pour examiner leur "état de dangerosité". Et accorder, ou non, un aménagement de la peine.

Une autre disposition permet un maintien "à vie" en détention. Il s'agit de la rétention de sûreté, introduite en 2008, qui permet d'autoriser le placement d'un détenu dans un centre spécialisé après la fin de sa peine, en cas de fort risque de récidive.

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