Elle a réussi à cacher son vrai visage. Une adolescente de 17 ans, nommée Clara (prénom modifié), a été rattrapée in extremis par son père quelques jours après Noël alors qu'elle préparait son départ vers la Syrie, révèle Europe 1 ce lundi. La police avait alerté sa famille de son projet de rejoindre l'État islamique grâce à des écoutes téléphoniques.

Pourtant, l'adolescente participait depuis quelques mois à des entretiens de déradicalisation avec l'anthropologue Dounia Bouzar, dans le cadre de son programme de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam. La jeune fille semblait être sur la bonne voie. Mais Clara, pourtant sous surveillance, a réussi à duper tout le monde. Interpellée en août 2014 pour un projet d'attentat suicide devant une synagogue de Lyon, elle était, depuis, sous contrôle judiciaire.

Elle a salué les attentats du 13 novembre

Très entourée par son père musulman et sa mère catholique, elle suivait aussi une formation dans le domaine du social, précise Europe 1. Au même moment et depuis plusieurs semaines, Clara passait des appels téléphoniques en cachette à un recruteur français pour planifier son départ vers les territoires occupés par l'État islamique en Syrie. Les écoutes téléphoniques ont permis aux forces de l'ordre d'intervenir avant qu'elle ne passe à l'acte.

Depuis le 20 janvier, elle est en prison et a reconnu son intention de partir. L'adolescente a aussi salué les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts, et avoué que la dissimulation de ses intentions faisait partie de son plan pour tromper les policiers et son entourage. La situation de la jeune femme, qui serait une des premières réellement suivie par Dounia Bouzar par le biais du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), et présente dans son ouvrage La vie après Daech, montre les limites de la déradicalisation.