Les 470 salariés de Petroplus peuvent souffler un peu. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a annoncé, mardi soir, que cinq offres de reprise dont deux paraissent "sérieuses et financées" ont été déposées pour la reprise de la raffinerie. "Il s'agit de l'investisseur suisse, Terrae et de l'énergéticien égyptien Arabiyya Lel Istithmaraat", a indiqué le ministère ajoutant que "le gouvernement a accompagné ces repreneurs et poursuit ses efforts au côté des industriels de manière à rendre possible la reprise de la raffinerie de Petit-Couronne". De son côté, la CGT parle de " trois offres minimum ".

Arabiyya lel Istithmaraat, une entreprise égyptienne, a déposé in extremis un dossier de reprise de la raffinerie, les candidatures étant ouvertes jusqu'à mardi 17h. Selon le consultant Michel Billard de la Motte, représentant du groupe, "c'est un plan de reprise complet de la raffinerie de Petit-Couronne", qui prévoit notamment "la reprise de la totalité du personnel", sauf une soixantaine de salariés qui veulent prendre leur retraite.

La journée de mardi avait commencé par une bonne nouvelle. Arnaud Montebourg a affirmé, mardi matin, que l'Etat était prêt à une participation "minoritaire" dans la reprise de leur site de Petit-Couronne, en Seine-Maritime. Une annonce qui intervient alors que les candidats au rachat de l'usine ont jusqu'à ce soir, 17 heures, pour se manifester auprès de l'administrateur judiciaire. Le ministre du Redressement productif a assuré sur RTL que le gouvernement attendait "plusieurs offres", soulignant notamment que la piste d'un repreneur libyen restait sérieuse. Et selon lui, la possibilité de trouver un acquéreur est "limitée mais pas impossible".

"Un dossier difficile"


Le gouvernement a pourtant affiché son pessimisme lundi soir, préparant les esprits à ce qu'aucune offre solide ne soit déposée. "C'est un dossier difficile sur lequel l'Etat s'est beaucoup mobilisé, mais les chances de succès sont limitées", ont lâché les services de Matignon face à la presse. Un plan social a même été évoqué "dans l'hypothèse où le tribunal ne jugerait aucune offre crédible".

Lundi toujours, la colère commençait déjà à poindre au sein de l'intersyndicale des salariés, qui se battent depuis le dépôt de bilan de leur usine, annoncé il y a un an. Ses représentants ont vivement critiqué le gouvernement, lui reprochant d'avoir dissuadé une société iranienne, frappée par des sanctions internationales qui interdisent de commercer avec son pays, de déposer une offre. Mais ils refusent de baisser les bras. "Il y a trois, quatre propositions qui sont encore en état d'être déposées demain, donc la position de l'intersyndicale c'est de continuer jusqu'au dernier moment et tant qu'on pourra sur une reprise industrielle du site", a déclaré aux journalistes le porte-parole de l'intersyndicale, Yvon Scornet. La piste la plus crédible demeure à ses yeux celle de NetOil, basée à Dubaï et contrôlée par l'homme d'affaires libano-américain Roger Tamraz, et qui va "peut-être s'associer à d'autres". L'intersyndicale a appelé à un "grand rassemblement" à la mi-journée devant le site pétrolier.