Philippe Courroye entend se battre pour obtenir l'annulation de sa nomination au poste d'avocat général à la cour d'appel de Paris. Comme annoncé, le magistrat a engagé une procédure devant le Conseil d'Etat contre cette nomination qu'il assimile à une sanction disciplinaire, rapporte l'AFP. Une mutation officialisée vendredi dernier.
L'avocate de Philippe Courroye, Me Claire Waquet, a précisé à l'agence avoir déposé auprès de la plus haute juridiction administrative "une requête en annulation" et une "requête en suspension d'exécution" - une demande qui doit être examinée rapidement - du décret du 2 août.
Courroye se dit "lynché", Taubira veut "rétablir la sérénité "
S'estimant "lynché" et victime d'une "chasse à l'homme" aux motivations politiques dans un entretien accordé récemment au Figaro, l'ancien procureur de Nanterre avait clairement affiché sa position : "Si le gouvernement devait prendre un décret pour me muter contre mon gré à la cour d'appel de Paris, je l'attaquerais devant le Conseil d'Etat".
De son côté, le ministère de la Justice justifie cette mutation en raison des affaires et des tensions qui ont agité le tribunal de grande instance de Nanterre ces derniers mois ; entre autres, le traitement de l'affaire Bettencourt. Un dossier pour lequel l'ex procureur est visé par des procédures pénale et disciplinaire liées au volet des "fadettes".
Dans un entretien paru ce mardi dans Libération, la ministre de la justice persiste et signe : "il était urgent de rétablir la sérénité" au parquet de Nanterre, estime Christiane Taubira, ajoutant même que "la décision aurait même dû être prise depuis longtemps".

















