La confusion règne sur le macabre décompte des morts aux Philippines, une semaine après le passage du typhon Haiyan. Selon l'ONU, la catastrophe a fait au moins 4 460 victimes. Un chiffre immédiatement contesté par les autorités philippines.

"Au 13 novembre, le gouvernement a rapporté que 4.460 personnes sont mortes", a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Interrogée sur la source de ce chiffre, la porte-parole locale de OCHA, Orla Fagan, a précisé que l'ONU l'avait reçu mercredi de l'unité opérationnelle régionale du Conseil national pour la réduction et la gestion des catastrophes naturelles. Problème : le porte-parole de cet organisme, Reynaldo Balido, a insisté sur le fait que le bilan officiel était toujours de 2.360 morts. Interrogé sur le chiffre de l'ONU, réponse laconique du porte-parole : "pas vrai".

Les secours s'accélèrent

Le président philippin Benigno Aquino avait de son côté estimé mardi que le bilan définitif devrait se chiffrer autour de 2.500 morts. L'ONU avait précédemment évoqué la possible mort de 10.000 personnes dans la seule ville de Tacloban, capitale de l'île de Leyte, l'une des plus touchée par le typhon où l'aide internationale s'organise.

Les opérations de secours aux sinistrés désespérés de Haiyan se sont en effet accélérées vendredi avec l'arrivée d'importants moyens de l'armée américaine. En particulier le porte-avions George Washington, avec ses 5.000 marins, et sept autres navires américains, qui se sont positionnés au large des îles les plus touchées.

La flottille, qui dispose notamment de 21 hélicoptère, a apporté des équipements médicaux, du ravitaillement et une expertise attendue avec impatience par les survivants affamés de l'un des plus puissants typhons à avoir jamais touché terre, accompagné de vents à plus de 300 km/heure et de vagues de 5 mètres. Vendredi matin, les Américains déchargeaient de l'aide humanitaire à l'aéroport de Tacloban, une des villes les plus meurtries, sur l'île de Leyte, où des centaines de sinistrés privés de tout tentaient toujours d'obtenir une place sur un vol en partance.