La situation était calme dans la matinée, mais s’est tendue dans l’après-midi. A Calais, le démantèlement de la "Jungle" a tourné à des affrontements entre migrants et CRS, lundi 29 févirer. Quatre jours à peine après l'autorisation de la justice, l'Etat a entamé le démantèlement partiel. Une vingtaine de salariés d'une entreprise de travaux publics ont commencé à s'activer dès le début de la matinée dans la partie sud du bidonville, où vivent à peine 1000 migrants selon la préfecture, 3450 selon les associations.

Migrants et No borders contre CRS
La situation s'est tendue quand, à la suite d'un feu de cabanes, certains migrants et militants No borders, d'abord maintenus à distance par des CRS, ont commencé à leur lancer des projectiles, suscitant une riposte de gaz lacrymogènes. De nouveaux incendies ont ensuite été allumés, conduisant à de nouveaux affrontements, lesquels ont débouché sur l'arrestation d'un migrant mineur et de trois militants No border., tandis qu'on dénombrait, côté CRS, cinq blessés léger. Dans la soirée, ce sont ensuite environ 150 migrants, parfois armés d'une barre de fer, qui se sont postés sur la rocade annexe, qui se sont concentrés sur les véhicules en partance pour l'Angleterre.

La préfecture trop zélée ?
Raison de cette colère ? Le zèle des forces de l'ordre, analysent les associations de soutien aux migrants : "Les policiers sont arrivés le matin et ont demandé aux migrants encore présents de partir et, dans la foulée, ils ont tout démoli. La façon dont c'est fait est violente, dégradante et contraire aux engagements de l’Etat", a lancé l'un des représentants de l'Auberge des migrants, François Guennoc. "Le démantèlement avait été annoncé comme pacifié, ciblant les tentes vides et les abris inoccupés", a commenté Olivier Marteau, responsable du "projet Calais" pour MSF. "Il a en réalité ciblé tous les logements de la zone 9, densément occupée et habitée, et inévitablement dégénéré en violences, dans un camp où vivent des familles et des enfants".

Les No borders visés par les autorités
De son côté, la préfecture est restée droite dans ses bottes  "dans la cinquantaine d'abris traités", seule "une vingtaine de migrants étaient encore présents" et "quatre ou cinq personnes ne voulaient pas partir". De quoi justifier, par litote, "la persuasion par les maraudes" dont la "Jungle" a été le théâtre. La préfecture en a profité pour dénoncer les comportement des No borders, qui, lors des maraudes des autorités, censées convaincre les migrants de quitter ces logements insalubres, ont tout fait pour emêcher ses habitants de faire leurs valises. Un "comportement" et une "pression inacceptables", a-t-elle ainsi écrit.

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