Après trois semaines de mobilisation déterminée, les opposants au président ukrainien Viktor Ianoukovitch ont prouvé un peu plus mardi et mercredi leur motivation. Malgré le froid glacial et le déploiement massif de forces de l'ordre à Kiev, notamment place de l'Indépendance, des milliers de manifestants ont contraint les effectifs anti-émeutes à refluer du centre de la capitale, suite à des échauffourées qui ont fait plusieurs blessés. La police a également tenté de reprendre aux protestataires la mairie de Kiev qu'ils occupent, en vain.

Dans ce contexte, une médiation entre l’opposition ukrainienne et le pouvoir a été lancée par trois anciens présidents ukrainiens. En outre, suite à l'assaut lancé par les forces de l'ordre mercredi à minuit, place de l'indépendance, une partie de la communauté internationale a réagi, dénonçant l'opération policière.

Paris "récuse tout usage de la force"

"Je condamne l'usage de la force et la violence - qui ne peuvent pas être la réponse aux manifestations pacifiques - et j'appelle à la plus grande retenue", a ainsi déclaré dans un communiqué mercredi Catherine Ashton, qui s'était entretenue la veille avec le président Viktor Ianoukovitch.

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, la France a souligné qu'elle "récusait tout usage de la force", tandis que la représentante américaine, Victoria Nuland, qui a rencontré Viktor Ianoukovitch mercredi, a indiqué lui avoir "dit clairement que ce qui s'était passé la nuit dernière était absolument inadmissible dans un Etat démocratique".

Les négociations à divers niveaux se poursuivent pour trouver une issue à la crise. Le Premier vice-Premier ministre ukrainien, Serhiy Arbuzov, doit notamment être reçu jeudi à Bruxelles par un responsable de la Commission européenne.