Alors que le Mondial du tatouage se tient à Paris les 4, 5 et 6 mars, c'est le moment de le dire : un simple tatouage peut changer la vie. Et aucun doute, ceux de Philippe Cavailles, alias Phil, ont transformé le quotidien de ses clients. Tatoueur depuis 30 ans et basé à Nantes où il tient l'atelier Art Flat Tatouage, Phil s'est lancé "un nouveau challenge" il y a près de cinq ans, raconte-t-il à metronews.

Ce challenge, ce sont les "tatouages réparateurs". Phil reçoit des personnes marquées à vie par leurs cicatrices. Des tâches de naissance, des blessures d’accidents, des griffures d'opérations... toutes ces plaies de la vie qui transforment nos corps, et deviennent parfois dures à porter. Loin de se laisser aller au complexe, ces clients blessés viennent pour métamorphoser leurs stigmates en œuvres d'art.

"Détourner le regard"

"Le but n'est pas d'occulter la cicatrice, mais de détourner le regard des gens", précise Phil, dont la clientèle abonde de partout en France, et même de l'étranger. Au premier rendez-vous, il discute avec son client pour trouver le motif idéal. "On prend le temps. Le travail sur une cicatrice est très lent", insiste-t-il. Et pour cause. "Il possible qu'ils renvoient une énergie négative. Leurs cicatrices porte parfois une histoire dure".

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Une fois la figure convenue, Phil passe plusieurs séances (variables en fonction de la taille du tatouage) sur la peau de ses clients. Et l'image, dans un style souvent "un peu hindie, un peu dentelle" remplace peu à peu la marque douloureuse. "Un jour, une jeune femme dont je venais de finir le tatouage au niveau des seins a fondu en larmes et m'a dit : 'C'est la première fois que je vais mettre un décolleté'", raconte l'artiste.

Même sur la peau greffée

Côté médical, Phil demande à ce que la cicatrice de ses clients ait au minimum un an. Il leur fait signer une décharge, même s'il constate que parfois "les gens sont tellement contents, qu'ils viennent sans l'autorisation de leur chirurgien". Et même si la peau cicatrisée est moins lisse - ce qui rend la tâche plus ardue, "ça fonctionne très bien, même sur la peau greffée", assure Phil.

De toute évidence, cet art se démarque du tatouage traditionnel par sa dimension humaine. Si bien, que Phil a rencontré sa moitié en l'exerçant : "Un jour, une jeune femme est rentrée avec une cicatrice de 40 centimètres dans le dos. Je l'ai tatouée, et elle est devenue ma femme". Même si ce travail reste marginal comparé à l'activité classique du tatoueur, Phil y voit un peu plus qu'une simple illustration : "Je cache les cicatrices de la vie".

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