Tragique journée en Syrie. Au moins 142 personnes, selon un dernier bilan, ont été tuées dimanche dans une série d'attentats spectaculaires revendiqués par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) dans des zones tenues par le régime en Syrie. Homs, troisième ville du pays, a été la cible d'un double attentat à la voiture piégée, le plus sanglant du genre sur son sol depuis 2011 avec 59 morts, selon une ONG. Quelques heures plus tard, c'est Sayeda Zeinab, un quartier à majorité alaouite, qui était pris pour cible.

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L'attaque de ce quartier situé à 5 km au sud de Damas et abritant un haut lieu du chiisme, a causé la mort d'au moins 83 personnes et 160 autres ont été blessées, selon l'agence Sana. Revendiquant aussi cette attaque, l'EI a affirmé que deux de ses kamikazes s'étaient fait exploser à 400 mètres du mausolée de Sayeda Zeinab, l'une des petites-filles du prophète Mahomet vénérées par les chiites. L'EI a également menacé de mener de nouvelles attaques. L'organisation extrémiste n'a pas fait état d'un troisième attentat comme l'ont fait l'OSDH et la télévision d'Etat syrienne.

"L'EI veut envoyer un double message"

C'est dans ce contexte meurtrier et malgré les échecs des précédentes tentatives d'instaurer un cessez-le-feu dans ce pays ravagé par la guerre, que le secrétaire d'Etat John Kerry a annoncé à Amman "un accord provisoire en principe" avec la Russie sur les modalités d'une trêve, qui "pourrait commencer dans les prochains jours". D'après Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH, l'EI, visé à la fois par les frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis mais aussi par les frappes russes, veut envoyer un double message.

"C'est un message d'abord à la communauté internationale pour montrer qu'ils (les djihadistes de l'EI) sont toujours puissants malgré les frappes", affirme-t-il. Selon lui, Daech profite aussi de l'affaiblissement des rebelles dans le nord de la Syrie face à l'armée pour "montrer qu'il est seul capable de frapper le régime dans ses fiefs, ainsi que les chiites et les alaouites". La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance de Daech et du Front Al-Nosra, ont miné les efforts pour un règlement du conflit qui a fait en près de cinq ans plus de 260.000 morts et poussé à la fuite plus de la moitié de la population.

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