Le numéro deux du gouvernement, Laurent Fabius, disait mardi qu'il fallait "un patron à Bercy". Une pique à peine déguisée contre le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, sous le feu des critiques et que l'on dit sur un siège éjectable pour le prochain remaniement. Il n'en fallait pas moins pour que ce dernier l'affirme, une bonne fois pour toutes : le patron, c'est bien moi. Et de couper court aux critiques qui montent, jusque dans son propre camp : dimanche, Ségolène Royal, qui n'a jamais caché son désir d'être un jour ministre, avait également réclamé une "restructuration" de "la vaste galaxie Bercy".

Il faut dire que les temps sont durs pour Pierre Moscovici. Avec un chômage record et divers couacs au sein de son équipe, notamment avec son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici est sur la défensive. Et depuis l'affaire Cahuzac, qui l'a heurté de plein fouet, ce dernier est de plus en plus en sursis. Et alors que le remaniement approche, chacun défend sa place... à sa façon. Brigitte Ayrault a ainsi plaidé dans la presse combien son Premier ministre de mari était "indispensable" au gouvernement. Ce mardi, Pierre Moscovici a à son tour défendu son pré-carré, se disant "fier" de son action depuis un an, qu'il estime conforme à la "feuille de route" donnée par François Hollande.

"Je me sens totalement en phase avec le président de la République"

"Quand je regarde cette année (...) je suis fier d'être ministre de l'Economie et des Finances", a-t-il ainsi déclaré sur RFI. "Je me suis fait une règle de ne pas du tout commenter ce que font d'autres membres du gouvernement, de ne pas investir leur champ de compétence", a-t-il ajouté, piquant au passage le commentaire de la veille du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Interrogé sur les différentes sensibilités politiques représentées par lui, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, il a répondu : "la gauche est comme ça, elle est diverse, elle est faite de plusieurs sensibilités".

Pierre Moscovici a sa place au gouvernement, et compte bien y rester. Il l'a dit et répété : "je représente une sensibilité dans le parti socialiste, importante, je me sens totalement en phase, et avec le président de la République et avec le Premier ministre". "Allons dans le même sens, ne nous laissons pas écarter du chemin par les commentaires", a-t-il encore déclaré, estimant à propos de la cohabitation de sept ministres à Bercy: "Ce qui compte, c'est qu'on tire dans le même sens".