"Il n’y a pas un moment où je ne pense pas à vous." Pour la première fois depuis le début de son procès, il y a un mois à Pretoria, en Afrique du Sud, Oscar Pistorius a pris la parole. La voix étranglée par les larmes, le jeune homme de 27 ans s'est d'abord adressé à la famille de son ex-petite amie. "Je veux vous présenter mes excuses. J'ai essayé de coucher mes mots sur le papier pour vous écrire, mais les mots ne suffiront jamais".

"J'essayais de la protéger"

Fidèle à sa ligne de défense, le champion paralympique sud-africain soutient avoir tiré sur sa compagne "par erreur", en pensant qu'il s'agissait d'un voleur. Cette nuit du 13 au 14 février 2013, dit-il, "j'essayais seulement de protéger Reeva. Je veux que les gens sachent qu'elle était aimée quand elle est allée se coucher ce soir-là". Depuis cette macabre Saint-Valentin, Oscar Pistorius raconte se réveiller "la nuit avec l'odeur du sang", prendre "des médicaments" et faire de "terribles cauchemars".

Habilement interrogé par son avocat Barry Roux, il a ensuite expliqué comment sa vie avait été émaillée par les agressions et les cambriolages, dans ce pays où la violence est endémique : "Nous avons grandi dans une famille où mon père n'était pas souvent là (…) Ma mère conservait une arme à feu dans une housse rembourrée sous son oreiller". Loin de l'image excessive décrite par la presse sud-africaine et les témoins à charge, sa défense a ainsi dépeint le portrait d'un homme préoccupé par sa sécurité mais sensible, croyant et prévenant avec ses proches. Reeva Steenkamp était une "bénédiction". "Nous priions ensemble le soir", assure-t-il avant que la juge n'écourte sa déposition parce qu'il est "visiblement épuisé". Mais son émotion a laissé de marbre la mère de la victime. Pour June Steenkamp, l'athlète a abattu froidement sa fille en toute connaissance de cause, après une violente dispute.