Bonjour et merci pour votre invitation.

Nina : Bonjour. Les mesures annoncées par Sarko hier, vous en dites quoi ?
Une satisfaction d'un point de vue social pour les policiers qui sont en attentes depuis des années. Nous serons vigilants quant à l'application qu'en fera le ministère de l'intérieur.

Eve : Quel état des lieux faîtes-vous de la banlieue aujourd'hui ?
On ne peut plus tendu. Les quartiers difficiles sont chauds et nous ne sommes pas loin de la situation de 2005.

Les instructions verbales sont d'éviter les quartiers sensibles pour ne pas créer d'incident.

Goglgoth : Supprimer les alloc familiales, sur le terrain ca va donner quoi ?
Là, ce n'est pas une question qui touche la police.

Roger23 : La police dit intervenir dans les quartiers sensibles... A la télé sans doute. Dans la réalité, rien? Quel est le bilan 2009?
Les instructions verbales sont d'éviter les quartiers sensibles pour ne pas créer d'incident.

Truc : Y a-t-il vraiment assez de flics sur le terrain ? Les effectifs sont en baisse il me semble et ça ne va pas aller en s'arrangeant, non ?
Effectivement les effectifs diminuent en application de la révision générale des politiques publiques. Pour l'année 2010 nous perdons 2018 policiers et d'ici 2012 ce sera un total de 12000 policiers nationaux en moins sur la voie publique.

Colette : Ca veut dire quoi, que les cités sont des zones libres où la police ne fout pas un pied ? Je croyais que les flics devaient fouiller chaque cave ?
Ca veut tout simplement dire que l'on intervient que lorsque cela est nécessaire, en gros POLICE SECOURS. Maintenant il y a le discours politique et la réalité policière du terrain.

Claudius64 : Ne va-t-on pas vers une privatisation partielle de la police ?
Nous sommes en plein dedans et ce depuis des années. Fin 2008, Michèle Alliot Marie a défendue le livre blanc sur la sécurité privée et le partage de la sécurité publique, c'est-à-dire notre sécurité quotidienne entre police municipale et milice privée. Ces propositions sont aujourd'hui reprises par Brice Hortefeux et même défendues par le 2ème syndicat de policiers Alliance. Demain donc dans nos rues nous devrons payer encore plus pour disposer d'une sûreté dont l'Etat se dégage petit à petit en reportant comme dans d'autres domaines ces missions régaliennes sur les collectivités locales.

Ambula : Sarkozy, Ministre de l'intérieur, préfet de police ou Président? Quel est le "vrai rôle" du président auprès des forces de l'ordre?
Le Président a décidé de reprendre le dossier de la sécurité au lendemain des élections régionales. Il est vrai qu'il connait ce dossier mais les citoyens qui veulent pouvoir vivre dans la sureté sont plus préoccupés par les problèmes de la crise financière et sociale que par la sécurité. Il est cependant plus facile de vendre aux infos de la sécurité que trouver des solutions aux problèmes économiques.

Lion64 : Lambert n'est pas inconnu... Quelle réaction suscite chez les syndicats la nomination de ce préfet dans le 9-3 ?
C'est un grand policier avec un parcours peu commun. Pour la première fois un gardien de la paix est devenu préfet d'un département. Maintenant nous savons très bien à Unité Sgp Police que s'il y a des problèmes de criminalité et de délinquance dans le 93, il y a également des problèmes sociaux et de grande pauvreté qui dépassent largement les prérogatives de la police républicaine.

Cali : Quotas de PV dans la police... Info ou intox?
Cela existe et Unité Sgp Police le dénonce depuis des années. Le ministère de l'intérieur a annoncé infléchir ces orientations mais nous restons vigilants car cela "pourri" le moral de nos collègues.

Sim : Y a t'il plus de violence aujourd'hui qu'hier selon vous ? N'en parle t'on juste pas plus pour effrayer les bonnes gens et "orienter" leur vote ?
Il y a effectivement une violence vis à vis des personnes qui s'accentuent. 1100 policiers et gendarmes ont été blessés dans le cadre de leurs missions en janvier et février 2010. Maintenant que le thème de la sécurité est abordé quotidiennement par les médias, j'imagine que les électeurs ne sont pas dupes...

Jammin : La police n'est pas très prolixe sur les bavures. Raison invoquée: enquête IGS. Doit-on rester muet quand la réalité dépasse la fiction?
La police est l'administration la plus contrôlée : IGS ou IGPN, justice, CNDS et autres organismes la "mesure" chaque jour. Les "dérapages" font l'objet d'enquêtes administrative et judiciaire. Les policiers auteurs sont doublement sanctionnés administrativement et pénalement. Amnesty international avec laquelle nous avons des réunions de travail et des débats réguliers a même publié un rapport l'année dernière sur le "thème des policiers au dessus des lois". Nous en arrivons à un dialogue constructif avec eux puisque nous dénonçons également le manque de formation continue et l'absence de soutien psychologique pour nos collègues qui vivent chaque jour des scènes de violences dans une société où la misère s'accentue quotidiennement.

Raymond89 : Tremblay, Sarko, Lambert and co? Quelle est l'implication de la police dans les stups? Nettoyage pro-actif ou réel souci?
Il faut débarrasser les quartiers de tous ces "caïds" qui y pourrissent la vie. C'est le travail de la police et de la justice. Mais ensuite le travail qu'il reste à faire en réinstaurant une VIE SOCIALE ne relève pas le la police nationale.

Efi75 : Qu'est ce qui manque à la police aujourd'hui pour bien faire son travail ? Des assistantes sociales ? Plus de justice sociale ?
Un dialogue avec les citoyens : "une police citoyenne" avec des moyens humains dignes d'un véritable service public.

Claudius64 : Au sujet du moral des policiers, manque d'effectifs, pression de la hiérarchie, pas ou peu d'avancements, évolution salariale inexistante, que pense les syndicats de cet état de fait et qu'elles sont les réactions ?
C'est bien pour cela que nous parlons de "stress social" dans la police qui doit être réglé avant que nous sombrions dans une "crise sécuritaire".

Merci c'est toujours trop bref... Il y a nécessité à ce que nous communiquions plus souvent car ce n'est pas le ministère qui expliquera pourquoi la police nationale va mal. A BIENTOT