L'assaut du centre commercial Westgate de Nairobi, lancé dimanche par les forces de sécurité kenyanes, se poursuivait lundi soir. Deux jours après le début de l'attaque d'un commando islamiste qui a coûté la vie à au moins 62 personnes, les affrontements ont fait rage entre les forces spéciales et les insurgés somaliens shebab. Plusieurs explosions ont retenti au cours de la journée.

Le ministre de l'Intérieur kényan, Joseph Ole Lenku, a néanmoins estimé que l'opération touchait "à sa fin". "Nous contrôlons tous les étages, les terroristes ne peuvent pas s'échapper", a-t-il assuré. Des propos corroborés par le porte-parole du gouvernement Manoah Esipisu, lequel a déclaré dans la soirée que le siège du centre commercial était "proche de la fin". "Je pense que tout le monde, les otages, a été évacué, mais nous ne voulons prendre aucun risque", a-t-il expliqué. "Nos forces spéciales sont à l'intérieur du bâtiment, et vérifient toutes les pièces (...) Pour le moment, nous ne rencontrons aucune résistance".

Une "terrible tragédie" pour Obama

Pourtant, l'assaut a pris des allures de casse-tête pour les forces spéciales kényanes, de par la configuration des lieux, propices aux embuscades. Un policier ayant participé aux combats a ainsi évoqué le "cache-cache" auquel se livraient islamistes de plusieurs nationalités et représentants des forces de l'ordre, épaulées par des agents israéliens. Un jeu mortel pour "trois terroristes", alors qu'une dizaine de suspects ont été arrêtés "pour interrogatoire".

Si la tension restait de mise sur place, l'émotion s'est répandue aux quatre coins du monde. Le président américain Barack Obama a notamment qualifié la sanglante attaque de "terrible tragédie". Le bilan donne raison au locataire de la Maison Blanche. Soixante disparus, 200 blessés et un minimum de 62 victimes, parmi lesquelles six Britanniques, le poète et homme d'Etat ghanéen Kofi Awoonor, mais également deux ressortissantes françaises, sont à déplorer.

Cette attaque, la plus meurtrière au Kenya depuis les 200 morts causés par un attentat-suicide d'Al-Qaïda contre l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi en août 1998, est la dernière en date d'une longue série revendiquée par les islamistes. Le 1er juillet dernier, 17 personnes avaient été tuées dans l'attaque de deux églises de Garissa, une ville proche de la frontière avec la Somalie.